31 mars 2008
Congrès d'Epinay (1971) : François Mitterrand
Congrès d'Epinay (1971) : François Mitterrand
Vidéo envoyée par Rak69
« Celui qui n’accepte pas la rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste, celui là, il ne peut pas être adhèrent du Parti Socialiste » clamait François Mitterrand. Ce dernier devient le 1er secrétaire du parti sur une ligne de rassemblement de la famille socialiste et d’union des gauches, en prônant l’élaboration d’un programme commun avec le Parti Communiste Français. http://www.lours.org/default.asp?pid=299
Affaire HAMON : Sarko cité
Le nom de M. Sarkozy est cité dans un dossier de détournement de fonds LE MONDE | 27.03.08 | 12h05 •
Une lettre signée par Nicolas Sarkozy a fait son apparition au cœur de l'affaire Hamon, un dossier judiciaire portant sur des détournements de fonds publics. En s'appuyant sur ce courrier, Me Philippe Gumery, le conseil du collectionneur d'art Jean Hamon, réclame que la juge d'instruction Nathalie Andreassian enquête sur les flux financiers autorisés par M. Sarkozy, quand il était président du conseil général des Hauts-de-Seine. André Santini, le secrétaire d'Etat à la fonction publique, est mis en examen dans cette affaire. Selon Me Gumery, les faits délictueux reprochés à M. Santini pourraient concerner également M. Sarkozy. La cour d'appel de Versailles doit se prononcer, vendredi 28 mars, sur un complément d'information réclamé par Me Gumery. Ce dernier a produit à l'audience, le 14 mars, une lettre signée par le chef de l'Etat, le 13 octobre 2004, à l'époque où il présidait le conseil général des Hauts-de-Seine. Ce courrier, selon Me Gumery, atteste de sa connaissance du dossier Hamon.
L'avocat souhaite aussi l'audition de la garde des sceaux, Rachida Dati, qui fut directrice générale adjointe des services du conseil général des Hauts-de-Seine. Les faits remontent à décembre 2000. Le syndicat mixte de l'île Saint-Germain (SMISG) est créé, entre le conseil général des Hauts-de-Seine et la ville d'Issy-les-Moulineaux, pour recevoir du collectionneur Jean Hamon une donation de 192 œuvres d'art, estimée à 7,58 millions d'euros. Le projet finira par échouer, non sans que des flux financiers suspects aient été identifiés entre diverses sociétés, mais aussi entre le SMISG et le syndicat d'économie mixte des Hauts-de-Seine (SEM 92), piloté par le conseil général. L'enquête du juge Andreassian aboutit à la mise en examen de nombreuses personnalités, dont Jean Hamon, Charles Pasqua – poursuivi pour "détournements de fonds publics" –, et André Santini, maire d'Issy-les-Moulineaux, suspecté de "détournements de fonds publics", mais aussi de "prise illégale d'intérêts". Les infractions présumées auraient été commises entre 2001 et 2003. Or un rapport de la chambre régionale des comptes a été versé au dossier d'instruction, portant sur la gestion du SMISG. Ce document précise ainsi qu'au 31 décembre 2005 – et ce alors que, initialement, la saisine du juge ne dépassait pas 2003 –, la SEM 92 avait perçu du SMISG la somme de 3 833 000 euros, au titre d'une rémunération sur des travaux de construction qui n'ont jamais eu lieu. Dès lors, une question se pose : le juge doit-il enquêter sur des faits postérieurs à 2003 et donc s'intéresser aux mouvements financiers autorisés par Nicolas Sarkozy, en tant que président du conseil général, mais aussi du SMISG ? Pour le parquet général de Versailles, dans un réquisitoire daté de décembre 2007, "la saisine du juge d'instruction s'étend au-delà de la période allant de 2001 à 2003". Le juge Andreassian répond, le 25 janvier, en estimant que le réquisitoire "n'engage que son auteur, pour autant qu'il ne soit pas sorti de son contexte". L'argument invoqué par Me Gumery est simple : soit le rapport de la chambre régionale des comptes est hors saisine, et donc il faut l'annuler, soit le juge est autorisé à enquêter sur des faits postérieurs à 2003, et rien n'interdit donc à la justice de se pencher sur les flux financiers autorisés par M. Sarkozy. "On considère que les paiements effectués de 2001 à 2003 seraient délictuels, s'indigne Me Gumery dans son mémoire, alors que ceux effectués en 2004, 2005, 2006, 2007 par M. Nicolas Sarkozy, successeur de Charles Pasqua dans les fonctions de président du SMISG, ne le seraient pas !" Selon l'avocat, plus de 274 000 euros auraient été versés en sus, sans justification. M. Sarkozy demeure protégé par l'immunité liée à son statut présidentiel. Gérard Davet
30 mars 2008
Article de Pierre Larrouturou
Retraites: Fillon accumule les mensonges
Par Pierre Larrouturou (Economiste et délégué national Europe du...) 14H50 30/03/2008
L’objectif principal de la première réforme Fillon, en 2003, était d’allonger la durée de cotisation des salariés. Cinq ans plus tard, une étude de l’Assurance vieillesse montre que jamais on n’est parti aussi tôt en retraite: alors que les salariés partaient en moyenne à 62,1 ans en 2001, l’âge moyen de départ s’est abaissé à moins de 61 ans… Une évolution diamétralement opposée à l’objectif de la réforme!
Par peur des "réformes" annoncées pour 2008-2009, un très grand nombre de salariés partent en retraite dès qu'ils ont 60 ans, quitte à subir une décote s’ils n’ont pas cotisé suffisamment longtemps. A cause de la première réforme Fillon, les caisses de retraite qui étaient à l’équilibre en 2002 et devaient rester en équilibre quelques années encore selon les prévisions de la Cnav, ont déjà accumulé un déficit supérieur à 7 milliards d’euros!
Certains parlent d’échec. D’autres de fiasco. Mais François Fillon se présente toujours comme l’Homme-qui-a-réussi-la-réforme-des-retraites… Dans son dernier livre "La France peut supporter la vérité", François Fillon parle à plusieurs reprises de cette "réforme historique", cette "impossible réforme", cette réforme pour laquelle "nous avions l’ardente obligation d’obtenir des résultats",… cette "réforme des retraites que j’ai menée à bien".
Que dirait-on du PDG du Cnes s’il se vantait publiquement d’avoir "mené à bien" le lancement d’Ariane V, alors que le lanceur avait explosé en vol? Que dirait-on du PDG de la SNCF s’il se réjouissait du succès du nouveau TGV alors que le train était resté à quai, incapable de se mettre en mouvement?
Eh bien voilà un homme qui se réjouit publiquement d’avoir "mené à bien" une "réforme historique" alors que, à ce jour, la réforme a eu des effets exactement inverses aux objectifs visés! De deux choses l’une: soit François Fillon se désintéresse complètement de l’avenir des retraites et du bilan de la "réforme historique" qu’il a portée, soit il connaît le bilan fait par la Cnav et il ment.
Notons au passage que si l’âge moyen de départ en retraite a baissé d’un an, quelque 500000 salariés ont quitté "prématurément" le marché du travail, ce qui explique en partie l’évolution du chômage depuis cinq ans.
Mais, au-delà de l’échec de la réforme de 2003 (échec au regard des critères fixés par F.Fillon, car le départ en retraite "anticipé" des carrières longues, que Fillon veut aujourd’hui rendre plus difficile, est un vrai progrès social), l’allongement de la durée de cotisation est-il vraiment la panacée?
Vu l’augmentation de l’espérance de vie, il faudra un jour travailler un peu plus longtemps. Sans doute. Mais, à court-moyen terme, vu le taux de chômage des plus de 60 ans, l’allongement à 41 ans de la durée de cotisation, que veut imposer François Fillon, est-il vraiment pertinent?
Fitoussi: le vrai problème, c’est le chômage
Aujourd'hui, quand un salarié solde sa retraite, il est au chômage (en moyenne) depuis trois ans. Allonger la durée de cotisation sans avoir fait radicalement reculer le chômage ne peut qu’aggraver le problème. Pour Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE, dans Le Monde du 6 mars 2001:
"S'il n'est pas porté remède au chômage, le recul de l'âge de la retraite ne sert à rien. Cela revient à demander aux gens de travailler plus longtemps alors qu'ils manquent déjà de travail. Le vrai problème, c’est le chômage.""
Si l’on raisonne globalement, passer de 40 à 41 ans la durée de cotisation, c’est exiger (en moyenne) que les salariés partent en retraite à 62 ans au lieu de 61 ans. Or, dans cette tranche d’âge, 25% seulement des salariés ont encore un emploi. Pour l’immense majorité des salariés, si l’on passe la durée de cotisation à 41 ans sans avoir radicalement fait reculer le chômage des plus de 60 ans, cela signifie seulement qu’il manquera une année de cotisation. Quatre trimestres manquants, c’est une perte de 10% sur le niveau des pensions!
Voilà comment, avec des arguments pleins de bon-sens ("l’espérance de vie a augmenté, donc il faut cotiser plus longtemps"), on prépare une baisse généralisée du niveau de vie des retraites de la Sécurité sociale. Ceux qui veulent développer les systèmes d’assurance privés sont évidemment très favorables à cette réforme (Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas, n’est-il pas le DG d’un groupe d’assurance-santé, assurance-retraite?) mais on comprend que tous les syndicats s’opposent à ce nivellement par le bas.
Quand François Fillon dit qu’il veut sauver le système des retraites, il ment. En réalité (il le sait très bien), si sa réforme était adoptée, elle amènerait à un affaiblissement très net de notre système de retraites.
Baisser aussi fortement le niveau de vie de millions de retraités serait scandaleux humainement: derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes qui veulent vivre –vivre pleinement et pas seulement survivre ou sousvivre- avec ce que la Sécu leur verse. Comment fait-on pour vivre avec 900 euros par mois? Comment fait-on pour accueillir ses petits enfants quand chaque sou est compté?
Mais une telle baisse des retraites serait aussi un non-sens économique: comment maintenir un peu de croissance si le niveau de vie des retraités baisse fortement et que, de ce fait, les salariés en activité sont incités à épargner au lieu de consommer?
Freiner dans la montée ou attendre la descente?
Un spécialiste du dossier résume la situation:
"Soyons clairs: sans doute faudra-t-il un jour travailler plus longtemps. Mais, tant que l’on ne s’est pas donnés les moyens de lutter radicalement contre le chômage, travailler plus longtemps est contre-productif. C’est comme quand on fait du vélo en montagne: bien sûr que, après avoir passé le col, il faudra freiner. Mais si on freine dans la montée, on n’arrivera jamais au col! La priorité, la seule, c’est de lutter contre le chômage et les petits boulots."
Une deuxième raison oblige à lier le dossier des retraites et celui du chômage: avec 3 millions de chômeurs et des millions de précaires, la négociation entre salariés et entreprises est de plus en plus déséquilibrée: "Si tu n'es pas content, va voir ailleurs", remplace souvent toute vraie négociation. De ce fait, en un quart de siècle, la part des salaires (salaires et cotisations) dans la richesse nationale a chuté de 11%. C’est considérable. Le gouvernement indique que, sans réforme, le déficit des retraites sera de 1% du PIB en 2020. C’est vrai. Mais, à cause du chômage, la part des salaires dans le PIB a baissé de 11%. ONZE FOIS le déficit prévu en 2020!

La part des salaires, salaires et cotisations, dans le PIB (source: Insee - OFCE)
Si l’on arrivait à vaincre le chômage et la précarité, sans doute, la négociation sur les salaires serait-elle plus équilibrée et l’on pourrait sans trop de difficulté, trouver les 1% du PIB qui manqueront, en 2020, aux caisses de retraite.
Chômage, pouvoir d’achat des salariés et niveau de vie des retraités… Ces trois questions sont étroitement liées. On ne pourra pas améliorer franchement le pouvoir d’achat des salariés ni sauver les retraites si l'on n'arrive pas à luuter radicalement contre le chômage et la précarité.
Hélas, dix mois après leur arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy et François Fillon n’ont annoncé encore aucune réforme pour lutter contre le chômage et la précarité. Ce silence en dit long sur les priorités de l’équipe au pouvoir. Au-delà de quelques mesures cosmétiques, la droite ne fera rien qui puisse fondamentalement rééquilibrer le marché de l’emploi et donc rééquilibrer le partage de la richesse nationale. C’est à la gauche de se mettre au travail pour construire une alternative au désordre social ambiant.
La gauche ne peut pas se contenter de critiquer la réforme Fillon et "d’esquisser des réponses". Il faut construire une vraie alternative, concrète, chiffrée, argumentée!
Hélas, pour le moment, la gauche ne se donne pas les moyens de construire cette alternative. Ce qui est le plus frustrant aujourd’hui, pour des millions d’entre nous, c’est que, sur les retraites comme sur bien d’autres sujets, les politiques semblent impuissants alors que jamais les solutions n’ont paru aussi évidentes pour sortir de la crise.
Toutes les semaines sont publiés des livres qui présentent un certain nombre de solutions concrètes. Aux quatre coins du pays, des associations et des élus innovent et font la preuve qu’on peut vraiment changer le système! Si la gauche se mettait au travail, en quelques mois, on pourrait avoir un projet génial. C’est comme les morceaux d’un puzzle qu’il faut rassembler… Bien sûr, il y a à prendre et à laisser. Bien sûr, tout n’est pas possible tout de suite. Bien sûr, il faut créer des marges de manoeuvre financière (je fais des propositions dans ce domaine), mais, que ce soit en matière de lutte contre le dérèglement climatique ou en matière sociale (les deux urgences absolues), on pourrait en quelques mois construire un consensus fort, à la hauteur des enjeux, si on se donnait la peine d’écouter vraiment ceux qui ont travaillé sur la question.
La gauche qui gagne, c’est la gauche qui travaille
La gauche vient de gagner bon nombre de villes. Ce n’est pas seulement par rejet de la droite. C’est parce que, au niveau local, les élus et les militants travaillent. Ils sont à l’écoute des associations. Ils font des propositions concrètes... Les valeurs de la gauche sont en phase avec ce qu’attendent la plupart de nos contemporains. Si la gauche est capable de traduire ses valeurs en politiques concrètes, elle est soutenue par une très large majorité. Pourquoi ce qui marche au niveau local ne pourrait pas marcher au niveau national?
A peine passées les municipales, la droite reprend son travail de démolition sociale: réforme des retraites, réforme du droit du travail, réforme du temps de travail, réforme de la santé… Quatre réformes au moins doivent être engagées d’ici l’été qui vont, très concrètement, affaiblir la situation d’une majorité de citoyens. Et en face, que fait le principal parti de gauche, le PS? Il va réformer sa Déclaration de principe!
A Bysance, alors que la ville allait tomber aux mains des barbares, on discutait du sexe des Anges. A Solférino, on critique un peu la droite mais on ne fait rien de sérieux pour construire une alternative. On discute d’une nouvelle Déclaration de principe en aiguisant les couteaux pour le prochain Congrès...
Plus loin, plus vite, autrement
Avec 18 parlementaires, des élus locaux et des militants issus de toutes les tendances du PS, nous proposons une toute autre stratégie. Nous avons lancé une pétition pour que le PS aille plus loin et plus vite dans son travail de rénovation. Nous voulons que l’ensemble des forces de gauche se retrouvent et se mettent au travail, "pour de vrai", à plein temps, pendant trois mois, pour parvenir à l’élaboration d’un nouveau contrat social.
Nous devions déposer cette pétition au Conseil national du 25 mars. Nous avons été empêchés de le faire. Mais ce n’est que partie remise: nous déposerons cette pétition lors du Bureau national du 1er avril, mardi soir. Que vous soyez au PS ou que vous n’y soyez pas, si vous partagez notre analyse, signez l’appel sur www.nouvellegauche.fr
29 mars 2008
Les 10 commandements de l'économie
L'économie selon Sarkozy en dix commandements
Dans son ouvrage Sarkonomics, l'économiste Liêm Hoang-Ngoc décline les dix points clés de la doctrine sarkozyste en matière d'économie. Un programme à ne pas prendre pour parole d'évangile… Extrait.
Tel Moïse sur le Sinaï, Sarkozy écoute Reagan. (Photo tommrkr, flickr, cc)
Un jour sur la montagne, Sarkozy est monté. Et il a écouté. Dieu ? non, Reagan et les tenants d'un libéralisme pur et dur. Ceux qui avaient réussi il y a quelques années, non pas à faire de l'économie américaine une économie saine, mais à valoriser le capitalisme, lui offrant les habits du labeur et de la respectabilité.
Sarkozy l'a bien comprise, cette leçon qui consiste à subvertir la valeur-travail, tordre son sens originel pour y caser un programme injuste : vendre aux pauvres la valeur-travail, renforcer la valeur-fric pour ceux qui la connaissent déjà, prôner une « flexibilité » qui sonne plus comme intérim et précarité que comme « chouette, je m'adapte sans douleur aux variations de rythme de l'économie », gérer l'Etat comme un héritier inconscient, empressé de se débarasser des vieilleries (EDF, GDF, SNCF…).
Un appel à la gauche
Liêm Hoang-Ngoc décline ainsi, au long de la centaine de pages de Sarkonomics, les dix commandements du délire sarkozyste : allongement de la durée de cotisation, précarisation de l'emploi, affaiblissement de la protection sociale, désengagement de l'Etat…
Dans le dialecte propre aux promoteurs d'une «France en mouvement», bizarrement, saccager la place de l'Etat se dit «moderniser», approfondir les fossés entre riches et pauvres se dit «réformer». Le tout sans doute pour «mieux préparer la France à relever les défis de demain».
Plus qu'une analyse antisarkozyste, le livre de Liêm Hoang-Ngoc est un appel. Un appel à la gauche, pour qu'elle se réveille et sorte de son « désert d'avenir » et construise quelque chose. Un tirage positif à partir du négatif sarkozyste, en quelque sorte.
Liêm Hoang-Ngoc. (Photo nps.national, flickr, cc)
EXTRAIT
La précarité tu répandras
Le problème du financement des régimes de retraite par répartiion relève d'un problème classique de « partage du gâteau », dans la mesure où ces régimes sont financés par des cotisations sociales assises sur le salaire. Selon le rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) de 2003, la part du PIB nécessaire pour équilibrer le régime de retraite par répartition doit croitre de 6,5% d'ici 2040 (elle doit passer de 12 à 18,5% du PIB), sous les hypothèses d'une croissance annuelle modérée, de 1,75% et d'un taux de fécondité, relativement faible, de 1,8 enfant par femme, celui-ci conditionnant le niveau de la population active. Pour parvenir à cet objectif, l'allongement de la durée de cotisation et la baisse des taux de remplacement reviennent à faire porter les efforts sur les seuls salariés. Il y a d'autres solutions possibles. Le relèvement des cotisations sociales (également évoqué par le COR) ou l'élargissement de l'assiette de financement des retraites (à l'instar d'expériences étrangères) sont également envisageables du point de vue de l'équité. Elles reviennent à raboter un tant soit peu la part des profits, grands bénéficiaires du partage du gâteau de ces 25 dernières années, en les fasant contribuer à l'effort national en faveur de nos retraités. Toutefois, l' « effort » que l'on demanderait ainsi aux actionnaires (ou, à défaut, une nouvelle fois au salarié), pourrait être relativisé car les hypothèses démographiques et économiques retenues par le COR sont des hypothèses si « basses » que le COR a lui-même été amné à les réviser en 2007. Les projections quant à l'évolution de la population active ont ainsi été revues à la hausse, notamment parce que le taux de fécondité français s'approche désormais du taux irlandais (plus de deux enfants par femme) et que le recours à l'immigration est plus important que prévu. Sous ces nouvelles hypothèses, le rapport actif-inactif se détend et le besoin de financement du système par répartition ne requiert plus que 2 à 5 points de PIB à l'horizon 2050. Ajoutons à cela que le taux de croissance potentiel (le taux que permettraient d'atteindre les capacités de production en hommes et en machines) est supérieur à 3%. Des investissements dans les secteurs innovants seraient même susceptibles de l'accroitre. Par conséquent, la reprise de l'emploi, liée à une croissance plus soutenue, engendrerait une hausse de la masse salariale qui induit mécaniquement une augmentation des recettes des régimes de retraite. Encore faut-il que la France ne se condamne pas à adopter des politiques économiques incapables de faire décoller la croissance.
En l'état actuel des choses, les régimes par répartition sont en vérité menacés par une croissance moll et par la stagnation, à un niveau trop faible, de la part des salaires dans la valeurs ajoutée ; ces deux facteurs réduisent la taille de la part du gâteau à partager entre actifs et inactifs. Doit-on répéter que la part des salaires dans la valeur ajoutée s'est réduite de dix points au cours de ces 25 dernières années et qu'à l'exception des années fastes 1988-1991 et 1998-2001, la croissance annuelle moyenne a difficilement atteint les 2% ? Les politiques dites de « rigueur » monétaire, budgétaire et salariale, poursuivies au cours de cette période, ne sont pas étrangères au creusement du déficit des régimes sociaux et à la montée de l'endettement public…
Liêm Hoang-Ngoc est économiste, maître de conférences à l'université Paris I et chercheur au CNRS. Son ouvrage Sarkonomics, publié chez Grasset, sortira le 1er avril en librairie.
28 mars 2008
Emmanuelle Heidsieck : la mort de la Sécu est un roman
Emmanuelle Heidsieck : la mort de la Sécu est un roman
Vidéo envoyée par Marianne2fr
Il risque de pleuvoir conte, à travers les réflexions de son héros, le démantèlement de l’idéal solidaire de la Sécurité sociale par les nouveaux patrons du monde de l’assurance. Une fiction, vraiment ? http://www.marianne2.fr/Emmanuelle-Heidsieck-la-mort-de-la-Secu-est-un-roman_a84625.html
la mort de la Sécu ?
Article de Rue 89 sur l'ouvrage d'E. HEIDSIECK
http://www.rue89.com/2008/03/23/mort-de-la-secu-un-roman-mene-lenquete
Article sur le livre de C. Lehmann, Les Fossoyeurs
Christian Lehmann publie "Les fossoyeurs"
Christian Lehmann est médecin généraliste depuis plus de 20 ans, et écrivain. "Les Fossoyeurs", où l’on croise tous les acteurs et témoins du monde de la santé ( sans compter quelques économistes médiatiques et autres politiques aux dents longues), nous fait revivre deux ans d’enquête et de combat dans les coulisses d’un monde hermétique, où le patient est réduit à faire de la figuration.
Christian Lehmann est notamment l’auteur du best-seller No Pasaran Le jeu, de la Folie Kennaway (Rivages Noir), Une éducation anglaise (L'Olivier) et Patients si vous saviez (Robert Laffont). Révolté par la convention médicale et le lobby des labos, il lance en 2004 le Manifeste contre la réforme de la Sécurité Sociale, qui recueille plus de 30 000 signatures.
« Les Fossoyeurs, comme les Envahisseurs que traquait David Vincent dans la célèbre série américaine des années 60, viennent d’une autre planète, celle où le profit est roi. Ces extra-terrestres ont pris forme humaine pour mieux nous infiltrer et nous soumettre aux lois du marché, au nom du néolibéralisme, de ce système dans lequel il s’agit de courir toujours plus vite, quitte à laisser sur le bord du chemin les plus faibles . Enfin ! Ne plus payer pour les vieux, les malades, les handicapés, tous ceux qui ralentissent la marche en avant vers des lendemains qui chantent pour l’actionnaire.
Début 2005, Philippe Douste-Blazy se félicitait de la « réforme de la dernière chance » qui devait sauver la Sécurité Sociale des affres d’une privatisation « à l’américaine ». « C’est en changeant tous un peu qu’on peut tout changer », clamait-il.
> Christian Lehmann a vu les Fossoyeurs...
Il les a suivi, a infiltré leurs lieux de pouvoir, décrypté leurs messages : ce sont eux qui nous expliquent que le déficit de la Sécurité Sociale est lié au laxisme généralisé de patients abuseurs et de médecins complices. Eux qui inlassablement désignent des fraudeurs et des parasites aux aides sociales, pour amener la population à désespérer du système solidaire. Eux qui cherchent à responsabiliser par l’argent les plus démunis. Le cauchemar a déjà commencé. Ce sont nos vies qui sont en jeu.
En quelques années à peine, ils ont profondément modifié le paysage sanitaire français, installant dans la population l’idée que la santé était un commerce comme un autre, que le système de Sécurité Sociale était obsolète et financièrement intenable. Ils ont appliqué, en ville, à l’hôpital, en dépit du bon sens, les dogmes de leur secte, laminant les expériences de sortie du paiement à l’acte, cautionnant et généralisant les dépassements tarifaires, introduisant à l’hôpital le tri des patients selon la rentabilité, modifiant le fonctionnement de la Sécu pour y appliquer des objectifs financiers masqués sous prétexte de maîtrise médicalisée.
Drôle et acide, ce récit alimenté par l’expérience d’un généraliste très au fait de son sujet, nous alerte sur cette menace qui avance masquée. Les Fossoyeurs, où l’on croise tous les acteurs et témoins du monde de la santé ( sans compter quelques économistes médiatiques et autres politiques aux dents longues), nous fait revivre deux ans d’enquête et de combat dans les coulisses d’un monde hermétique, où le patient est réduit à faire de la figuration.
Christian Lehmann déshabille les rouages d’un système prêt à nous broyer et dénonce tous les petits mensonges qui nous mettent, discrètement, en péril. Surtout il pose clairement, en plein débat électoral, la question : « Au nom du profit, la santé publique est-elle soluble dans le néolibéralisme ? »
27 mars 2008
Malaise chez les juges
Droit des étrangers: le malaise enfle chez les juges
Par Chloé Leprince (Rue89) 20H31 24/03/2008
Les magistrats dénoncent la pression du chiffre et les objectifs du gouvernement en termes de reconduites à la frontière.
"Vous voulez prendre la mesure du malaise chez les juges? Quand vous rencontrez un magistrat du parquet, demandez lui s'il n'a pas déposé une demande de mutation au siège. Vous serez édifiée!"
C'est Ollivier Joulin qui parle. Magistrat au tribunal de grande instance de Bordeaux, il suit les questions liées au droit des étrangers pour le Syndicat de la magistrature.
L'organisation syndicale, réputée à gauche, représente plus d'un tiers des magistrats en France. Depuis plusieurs mois, elle dénonce la pression du chiffre et les objectifs du gouvernement en termes de reconduites à la frontière. Aujourd'hui, elle parle carrément de "divorce", notamment entre magistrats du parquet et magistrats du siège.
Vice-président du tribunal de grande instance de Bordeaux, Ollivier Joulin dénonce "subordination et hiérarchisation" du ministère sur les parquetiers. Pour lui, le dossier migratoire a permis à la Place Vendôme de "politiser" la fonction de juge "au détriment de l'intérêt général":
"Aujourd'hui, les juges doivent s'interroger: sont-ils encore gardiens des libertés? En laissant un blanc-seing à la police, on tombe dans un système où il n'existe plus de contrôle sur la police?"
Contexte de zèle et juges des libertés sur le qui-vive
A Nîmes, le parquet a pour réputation d'être un îlot de résistance. Vice-procureur, Patrick Pribille adhère lui aussi au Syndicat de la magistrature. C'est à ce titre qu'il accepte de nous parler, quand ses confrères rechignent à s'exprimer autrement qu'en off. Ce magistrat confirme que la Chancellerie multiplie les consignes d'incitation à la vigilance. De son point de vue, les juges des libertés et de la détention, qui font partie du parquet, restent sur le qui-vive, dans sa juridiction:
"Pour l'instant, les JLD de Nîmes continuent à faire leur travail. Mais on cherche à en faire des juges complaisants. L'été dernier, un centre de rétention a ouvert dans la région. Aussitôt, on a assisté à des bagarres en interne pour savoir qui serait juge des libertés chargé des étrangers : la hiérarchie entendait se prémunir contre trop d'annulations de procédures.
Mais nos JLD restent attentifs, même si l'on essaye de les noyer sous une charge de travail qui peut entamer la vigilance. Il y a une semaine, ils ont par exemple siégé de 9 heures du matin un samedi jusqu'à 6 heures du matin le dimanche, tant la charge des étrangers est devenue lourde. Dans un contexte de zèle, ils sont en première ligne et leur situation est fragile."
Pour ce parquetier qui a derrière lui "trente-et-un ans de métier", l'espace des libertés "se restreint chaque jour", entrainant "l'écœurement général" de sa profession. En tant que procureur, il affirme qu'il parvient encore à "apprécier la situation au cas par cas", par exemple lorsqu'on lui soumet une demande de placement en rétention:
"Le procureur de la République de Nîmes, dont j'ai la chance qu'il me considère encore comme un magistrat, a bien demandé qu'on veille aux situations qui entrainement des nullités de procédure. Et notamment lorsqu'on a affaire à une situation humaine inadmissible:
Je me souviens par exemple de ce couple d'Arméniens de plus de 70 ans, malades, qui vivaient près de Valence chez leurs enfants, qui étaient Français, eux. Le préfet de Valence les a fait interpeller à six heures du matin chez eux, sur la base d'une procédure de flagrant délit, avant de les transférer à Nîmes. Le JLD a annulé la procédure, ce qui a été confirmé ensuite par la Cour d'Appel: en quoi y avait-il flagrant délit? Une autre fois, j'étais de permanence lorsqu'on m'a soumis le cas d'une jeune fille, certes en irrégularité, mais qui s'apprêtait à passer le bac. Or, en tant que magistrat, je suis aussi gardien des libertés individuelles. Tout est une question de priorités!"
Le contrôle d'identité, un enjeu majeur
Selon Patrick Pribille, les consignes chiffrées en matière de reconduites à la frontières confinent au zèle. Le dernier abus en date dont il ait eu connaissance?
"Récemment, le procureur de Toulon a autorisé l'interpellation d'une dizaine de personnes au même numéro, dans une même rue. En réalité, ils avaient tous été interpellés dans un foyer de jeune travailleurs, ce qui est matière à annulation et tout à fait illégal."
De fait, le contrôle d'identité est en passe de devenir un enjeu majeur au sein de la magistrature, et un terrain de crispation chez certains juges. A Rennes, Rue89 relatait ainsi il y a quelques semaines comment le premier président de la Cour d'Appel avait invalidé ce qui relevait de facto du contrôle au faciès. Pour cela, le magistrat a pris l'initiative de comparer plusieurs procès verbaux identiques, mettant en évidence que la PAF s'était contentée de "copier-coller" certains extraits.
A Bordeaux, Ollivier Joulin affirme que la police de l'air et des frontières a cherché à contourner autrement les restrictions qui existent dans la loi:
"Comme la police doit demander au procureur l'autorisation de pratiquer des contrôles uniquement ponctuellement, dans un périmètre et pour une durée déterminés, on a contourné la difficulté: il existe quantité de textes qui donnent le feu vert à des contrôles d'identité au coup par coup, sur un quartier ou une rue… mais si vous les cumulez tous, vous constaterez que l'ensemble couvre toute l'agglomération de Bordeaux jour et nuit!"
Faire annuler une interpellation reste possible au regard de la loi, pourvu qu'on fasse, par exemple, la preuve que le contrôle d'identité est systématique et pas circonstancié. Mais combien de temps encore des magistrats feront-ils la démarche de faire invalider ces procédures? Pour l'heure, le sentiment de malaise va crescendo et les rumeurs de pressions hiérarchiques prospèrent. Pour Ollivier Joulin, "le taux d'échec est tellement important qu'on observe un dégoût chez les magistrats à force de procédures absurdes".
26 mars 2008
Lettre ouverte à Monsieur SEYER et Madame MASSE
Ce texte est une réponse du collectif B, association colombienne, aux propos tenus sur i-télé par deux anciens conseillers municipaux, membres de l'UMP.
Municipales : les électeurs veulent une gauche de gauche, par Henri Emmanuelli et Benoît Hamon
Tirer les leçons d'une consultation électorale est un devoir primordial pour une formation politique, a fortiori pour le Parti socialiste qui a été l'acteur majeur de la victoire de la gauche dimanche 16 mars.
La première leçon est simple. Elle se lit dans la sécheresse des résultats : la droite a subi une déroute lors de ces élections municipales. Les 58 villes de plus de 20 000 habitants conquises par la gauche traduisent l'ampleur de cette défaite. Il peut sembler banal de l'affirmer mais cela est nécessaire tant l'impudence, voire l'autisme des ministres et des dirigeants de l'UMP sur les plateaux de télévision confinait au déni de réalité. Le nombre de villes conquises donne une dimension incontestablement nationale à cette défaite.
La seconde leçon concerne le "rôle central" que prétendait exercer le MoDem au centre de notre échiquier politique. A force de vouloir être partout à la fois, le MoDem n'a fini nulle part. La plupart du temps il est resté dans le giron de ses alliés traditionnels de droite, sans lesquels il n'aurait pas conservé le peu de municipalités dont les électrices et les électeurs lui concèdent encore la gestion. En entendant François Bayrou, au soir du premier tour, appeler en vain les électeurs palois à faire barrage aux "socialo-communistes", il nous revenait en mémoire cette définition que François Mitterrand donnait du centre dont il affirmait, non sans humour, qu'il n'était "ni de gauche ni de gauche".
A CONTRESENS DE L'HISTOIRE
Nous serions donc bien avisés de stopper rapidement une inutile et grotesque "danse du centre" et de laisser
François Bayrou à sa stratégie électorale narcissique. Le scrutin municipal a eu cette vertu de démontrer l'absence d'efficacité électorale de l'alliance avec le MoDem, ce qui ne signifie pas qu'il faille renoncer à parler à ses électeurs. Si le MoDem décide de rejoindre le camp de la gauche et ses valeurs progressistes, il sera le bienvenu. Cette décision lui appartient, mais n'appartient qu'à lui. En attendant, nous avons mieux à faire.
Ce que nous avons à faire, et cela sera notre troisième et dernière leçon provisoire, est de constater le glissement à gauche de notre électorat. Partout où la gauche était rassemblée, elle réalise de très bons scores. Quand elle était divisée de notre fait, alors communistes, écologistes ou extrême gauche réalisaient des scores qu'il serait absurde d'ignorer. Finalement nous sommes dans une figure classique de notre vie politique accompagnée d'une donnée nouvelle.
La figure classique est celle de la bipolarisation entre la gauche et la droite. Une bipolarisation dont nous n'hésitons pas à affirmer qu'elle est saine pour notre démocratie, qui a besoin d'options différenciées et de confrontations d'idées et de projets.
La nouveauté est celle d'une radicalisation d'une partie de notre électorat qui s'explique aisément par l'inquiétude croissante devant la dégradation des conditions de vie des classes populaires et, phénomène nouveau, des classes moyennes. Les socialistes risqueraient de passer à côté de l'essentiel s'ils ne tiraient pas rapidement les conséquences qui s'imposent de ce message adressé par les Françaises et les Français. Un message qui risque de s'amplifier tant les perspectives économiques mondiales sont inquiétantes. La crise de très grande ampleur que traverse le système financier international, et qui menace désormais d'entraîner l'économie mondiale dans la spirale de la récession, marque assurément la fin des illusions de la globalisation financière et de la libéralisation effrénée du commerce international.
Alors qu'aux Etats-Unis, en Angleterre et, demain, en France et en Europe les dirigeants seront soumis à la nécessité de prendre des mesures radicales de sauvetage du système bancaire et de se tourner vers des formes nouvelles de régulation publique de l'économie, il serait paradoxal que la gauche française, en quête d'une illusoire modernité, "mue" à contresens de l'histoire.
Nous assistons à la fin de la domination culturelle du libéralisme et du capitalisme financier. Cela constitue une opportunité sans précédent de faire avancer nos idées progressistes. C'est ce à quoi nous invitons le Parti socialiste et ce à quoi nous consacrerons notre énergie dans les semaines et les mois à venir, avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent.
Henri Emmanuelli est député PS des Landes.
Benoît Hamon est député socialiste européen.
25 mars 2008
Conseil municipal : 1er discours pour Philippe Sarre
Vendredi 21 mars s'est tenu le premier conseil municipal de la nouvelle mandature. Comme c'est la norme, ce conseil avait pour principal objet d'élire notre maire, Philippe Sarre, ainsi que les maires-adjoints. Ils ont au nombre de 17. Vous en trouverez la liste après le discours qu'a prononcé Philippe Sarre à cette occasion et que nous vous livrons dans son intégralité.
Chers collègues, mesdames messieurs,
C’est avec beaucoup d’émotion, vous le comprendrez, que je m’adresse à vous ce soir en tant que Maire de notre Ville. Une émotion très personnelle liée à un engagement déjà ancien dans la vie publique à laquelle je me suis consacré sans relâche, tant dans le cadre de ma vie professionnelle que sur le plan citoyen et politique. Une émotion liée aussi à la confiance, au soutien, à l’amitié qui se sont exprimés, avec une force que je n’aurais pas soupçonnée, tout au long de la campagne et avec un enthousiasme renforcé depuis les résultats et la victoire de dimanche soir. Une émotion enfin due à la charge qui m’a été confiée et dont je mesure la responsabilité.
Je tiens, pour commencer, à féliciter très sincèrement l’ensemble des élus, ceux de la majorité comme ceux de l’opposition. Au-delà des clivages politiques je veux les féliciter pour leur élection, mais surtout pour leur engagement dans la vie publique, pour le travail qu’ils ont accompli, qu’ils accomplissent ou qu’ils accompliront au service de nos concitoyens.
L’électeur, l’habitant, le citoyen ont le droit et même le devoir de critiquer, de juger et de sanctionner les élus. Ils doivent faire entendre leurs demandes, porter leurs exigences en direction de leurs élus, mais ces élus, et particulièrement les élus de proximité que sont les conseillers municipaux, doivent être reconnus et respectés dans leur fonction, qu’ils assument le plus souvent avec enthousiasme et désintéressement.
Je veux aussi, en ce début de propos, adresser mes remerciements les plus chaleureux à l’ensemble de ceux qui m’ont accompagné tout au long de ces six derniers mois.
Mes 48 colistiers, bien évidemment, qui forment une équipe dont la cohérence et même souvent la connivence s’est raffermie tout au long de cette campagne. Les équipes techniques et de communication qui ont fait un travail remarquable à partir de nos ressources locales. Les militantes et militants qui ont parcouru la ville avec une ardeur sans répit. Et aussi les sympathisants, toutes celles et tous ceux qui nous ont apporté leur aide financière, leur soutien, leurs encouragements, et qui ont, par leur action, créé cette dynamique de campagne que nous sentions croître de jour en jour.
Je veux remercier l’ensemble des électeurs qui ont participé nombreux au scrutin du 16 Mars et qui ont, en se rendant aux urnes à plus de 66%, placé Colombes parmi les villes où le taux d’abstention est le plus faible.
Je tiens à remercier enfin plus particulièrement les 15 805 électrices et électeurs qui ont permis à la liste de gauche « Colombes Rassemblée » de gagner avec un score sans appel de 53, 6% des suffrages.
Les électeurs ont fait entendre leur voix ; ils ont été nombreux à exprimer leur joie, dès dimanche soir, en se rendant nombreux dans les rues et aux abords de la mairie. Cette manifestation qui s’est déroulée dans un climat de liesse n’a connu aucun incident.
Il m’a toutefois été rapporté que quelques élus de la précédente majorité avaient eu à subir des quolibets et des insultes au sortir de la Mairie. Si tel est le cas, je le regrette. Je condamne, bien entendu, ces comportements comme je condamne les termes de racaille, de voyous dont ont été affublés certains d’entre nous par des sympathisants ou des colistiers de droite ce même jour. J’ai pour ma part appelé au calme et au respect tout au long de la soirée de dimanche et je renouvelle cet appel aujourd’hui. J’ai conduit une campagne marquée du double signe du respect et de la dignité ; j’entends que cet état d’esprit prévale dans les rapports politiques au sein de notre commune. Mon équipe et moi-même ne sommes animés d’aucun esprit d’humiliation ou de revanche. Je suis conscient, pour avoir connu des défaites électorales, de la tristesse que ressentent ceux qui sont battus. Je ne me réjouis pas de leur douleur, je la respecte et je souhaite que ce soir encore aucun débordement d’aucune sorte ne vienne ternir le début de ce nouveau mandat.
Cette élection, je l’ai souligné, a fait se lever une joie collective, mais aussi des espoirs, des attentes, auxquelles notre programme et notre action devront répondre. Nous ne partons pas de rien. Mes prédécesseurs ont, avec l’aide des services municipaux, fait évoluer la ville de Colombes vers ce qu’elle est aujourd’hui. Je veux rendre un hommage particulier à Dominique FRELAUT à qui l’on doit d’avoir bâti, au cours de ses 36 ans de mandat, une ville bien équipée, riche de sa diversité, dynamique et respectueuse de ses zones pavillonnaires.
Je ne veux pas, contrairement aux comportements de certains de nos opposants, faire preuve de caricature à l’égard du passé. Nous avons reconnu et nous l’avons écrit que, dans certains domaines, la gestion de ces sept dernières années a connu des aspects positifs. Pour autant lors de ce dernier mandat trois domaines essentiels de la vie locale ont été négligés : ce sont ceux qui ont servi de socle à notre programme et autour desquels nous allons agir le plus rapidement possible.
Il s’agit de redonner à notre ville le sens de la solidarité, de réaffirmer très fortement notre intention de faire évoluer Colombes, sans en changer la population, mais en apportant à tous ses habitants les améliorations qu’ils attendent. Je reprendrai donc, avec mon équipe, la construction de logements adaptés pour tous (personnes âgées, jeunes étudiants et jeunes travailleurs, familles à revenus modestes ou moyens, personnes handicapées). Je serai particulièrement attentif au cadre de vie de certains quartiers qui ont été oubliés et pour lesquels nous mobiliserons des moyens dans les délais les plus brefs. Je rencontrerai dès la semaine prochaine le commissaire de Colombes et le service de la police municipale pour que soient redéfinies clairement les missions de chacun et les collaborations ; j’entends que le service de la police municipale concentre son action sur la tranquillité dans les quartiers, aux abords des établissements scolaires et des commerces et sur le contact de proximité avec les habitants. Je reprendrai avec les adjoints et les services concernés les barêmes de tarifs des activités municipales pour les jeunes et je remettrai en place une commission sociale qui étudiera au cas par cas les situations afin que pas un seul enfant ne soit empêché de participer à ces activités pour des raisons financières.
Il s’agit par ailleurs de donner à notre ville un visage écologique. Nous allons mettre en place dans les meilleurs délais une direction de l’Ecologie Urbaine et du Développement Durable qui aura en particulier en charge le suivi de l’Agenda 21. Je lancerai immédiatement le travail pour la réalisation d’un plan de déplacement et de stationnement à l’échelle de la commune et je me rapprocherai des villes voisines pour la mise en place d’un dispositif intercommunal de vélos en libre service. Avant la fin de l’année seront organisées les Assises pour une Ville Ecologique qui déboucheront, en lien avec les habitants et les associations, sur un programme d’actions pour la mandature.
Sur le plan enfin de la démocratie locale, je porterai avec mon équipe des changements profonds et rapides. A titre personnel, je me rendrai disponible le plus possible pour recevoir les colombiens, les écouter, les rencontrer dans tous les quartiers de la ville. Pour garantir au mieux cette disponibilité je démissionnerai, pendant les vacances d’été, de mon mandat de conseiller général du canton nord-ouest. Les grands dossiers d’aménagement et d’urbanisme seront repris en concertation avec les populations concernées. Dès le prochain exercice budgétaire, les structures de quartier qui auront été relancées, seront dotées de budgets participatifs.Des commissions extra-municipales permettant un travail approfondi avec les partenaires associatifs seront définies dès le mois de septembre. Je proposerai à l’opposition trois membres au lieu de deux dans les commissions du conseil et, ce qui nous a toujours été refusé : la présence d’un membre de l’opposition au conseil d’administration de l’OPAC et de la CODEVAM.
Une certaine inquiétude, semble-t-il savamment entretenue, semblait courir ces derniers jours dans les rangs du personnel communal. Je veux très solennellement dire à l’ensemble des agents ma confiance dans leur capacité à faire en sorte que la continuité du service public s’effectue dans les meilleures conditions. Nul ne sera inquiété en raison de ses convictions politiques. L’administration et ses agents doivent être tenus à l’écart de ces considérations politiciennes afin de se concentrer sur l’aspect professionnel qui, seul, doit être considéré. Je veux qu’on en finisse avec des méthodes héritées d’un autre âge et que nos agents communaux soient des citoyens libres et responsables, traités avec confiance et respect.
Ces trois axes -solidarité, écologie, démocratie- illustrés à grands traits ne peuvent résumer l’étendue des chantiers qui nous attendent. Nous aurons à accompagner l’arrivée du tramway T2, à poursuivre les programmes de rénovation urbaine de l’Ile marante et des Grèves, à reprendre celui des Fossés-Jean comme l’a demandé le Préfet. Je souhaite engager avec les communes voisines des discussions pour voir comment il est possible de mettre en place des intercommunalités de projet, voire une structure intercommunale sur la boucle nord des Hauts-de-Seine.
La Ville de Colombes doit continuer à se moderniser ; son tissu économique doit être développé. Les jeunes doivent se sentir associés à ce mouvement et les personnes âgées doivent trouver leur place et faire bénéficier leur ville de leur expérience et de leur compétence. Nous ne regarderons pas passer les grands chantiers conduits par le Conseil Général -le projet sur le Stade Y. du Manoir et la rénovation du Parc Lagravère- doivent être l’occasion pour la ville de faire valoir son point de vue et ses demandes dans l’intérêt des colombiens.
Dans les jours qui viennent, je demanderai à la Cour Régionale des Comptes d’effectuer un audit de la CODEVAM. Dès le mois de septembre, sur la base de la réalité des finances communales, je préciserai aux colombiens le plan de travail qui sera le nôtre assorti d’un calendrier.
Je veux engager cette mandature avec la ferme volonté d’associer les habitants et de travailler pour tous les colombiens quel qu’ait été leur vote ce dimanche 16 Mars. Sans esprit de revanche, sans esprit partisan, mais avec détermination et tourné vers l’avenir, j’engage mon équipe dans l’écriture de cette nouvelle page de l’histoire de notre ville.
Les 17 maires-adjoints et leurs délégations
Maurice Lobry : Finances et Affaires Économiques
Michèle Fritsch : Affaires scolaires
Patrick Chaimovitch : Urbanisme
Michèle Etchebberry : Santé et Affaires sociales
Bernard Destrem : Travaux
Zineb Akharraz : Petite enfance
Bernard Danilo : Personnel et Affaires générales
Véronique Monge : Habitat et logement
Édouard Phanor : Jeunesse
Alexis Bachelay : Développement durable
Evelyne Bouchouicha : Enfance
Catherine Bernard : Écologie urbaine
Martine Antognazza : Contrat de ville, Emploi et insertion
Dominique Frager : Culture
Kamel Bouhaloufa : Sport
Chantal Barthélémy-Ruiz : Vie Associative
Aïssa Ben Braham : Démocratie locale
vu sur le site http://www.colombes2008.com/colombes_municipales_2008/2008/03/conseil-municip.html#more



