Laurent BALA ("pour un monde d'avance")

"Sans la République, le socialisme est impuissant. Sans le socialisme, la République est vide" (Jean JAURES)

31 octobre 2008

Meeting de Paris

militants réunis dans le XIVème arrondissement de Paris, à une semaine du vote Benoît Hamon a encouragé les militants à réinstaller le PS “au cœur de la gauche, au cœur des classes populaires et des classes moyennes”. Benoît Hamon, candidat à la succession de François Hollande, a appelé les militants socialistes “au vrai vote utile” pour le congrès de Reims à la mi-novembre, celui pour la motion “Un monde d’avance” qui remettra le PS “au cœur de la gauche”.

“Je vous appelle, j’appelle les socialiste au vote utile, au vrai vote utile”, celui qui peut conduire le PS à “revenir au cœur de la gauche, au cœur des classes populaires et des classes moyennes”, a déclaré le député européen au cours d’une réunion publique

A une semaine précisément du vote des militants sur les motions pour le 75e congrès du parti, Benoît Hamon, 41 ans, a assuré que “quelque chose se passe” à l’intérieur du parti. “Il est maintenant temps d’essayer la différence”, a affirmé le député européen, dont la motion est défendue aussi par toute la gauche du parti (Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann) et Pierre Larrouturou, auxquels il a rendu hommage pour leur soutien.Arme anti-Sarkozy

Crédité de 15 à 20% des voix des militants jeudi prochain, Benoît Hamon a regretté que son parti, “quelque part, donne trop le sentiment d’être une gauche rassasiée, repue”. “Cette gauche indifférente au sort des hommes et des femmes de ce pays, si préoccupée par son nombril (…), c’est avec cette gauche rassasiée que nous avons le devoir de rompre à l’occasion de ce congrès”, a-t-il lancé sous les vivats d’un public enthousiaste.

Selon lui, “si nous n’avons pas gagné en 2002 et 2007, c’est parce que nous avons manqué au peuple”.
Il a défendu “le rassemblement de toute la gauche”. Faisant observer qu’il est parfois présenté comme l’arme anti-Besancenot du PS, l’eurodéputé a lancé: “si je dois être une arme, c’est une arme anti-Sarkozy. Nous serons confrontés à trop de violence demain dans la société française pour que nous puissions nous passer d’un seul militant de gauche quand viendra le moment de la résistance”.

“Qu’on ne me demande pas d’éteindre le feu Besancenot, ce qui m’intéresse, c’est d’éteindre le feu Sarkozy!”, a ajouté Benoît Hamon.

“Un vrai chef”

Il a tenu délibérément le discours d’un homme qui s’appelle à gouverner le PS, appelant “à la gravité et la solennité” car “il est loin d’être acquis que de la crise naisse un progrès, il n’y a pas d’automaticité”.
“Nous allons au-devant d’une grande catastrophe sociale. Et il n’y a pas de grande crise sociale sans crise politique”, d’où la lourde responsabilité du PS, a jugé Benoît Hamon.

Il s’en est pris à “ceux et celles (au PS) qui enracinent l’idée qu’on peut être de gauche et sarko-compatible”. “Ceux-là nous ont fait du mal. Ils n’auront aucune place dans la nouvelle direction du PS” que Benoît Hamon espère constituer autour de lui.

Le leader socialiste a estimé qu’”une bataille est d’ores et déjà gagnée” car les autres responsables PS “sont tous venus sur notre ligne politique, à un moment ou à un autre” dans la préparation du congrès, la crise financière ayant fait des thèses des forces de la gauche du parti “les plus crédibles”.

Sans les nommer, il a adressé des piques à Bertrand Delanoë, ironisant sur la nécessité pour le PS “d’avoir un vrai chef”, à Ségolène Royal pour avoir songé à François Bayrou comme Premier ministre en cas de victoire en 2007, et à Martine Aubry à qui il a reproché un accord avec le MoDem aux dernières municipales.

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23 octobre 2008

Benoit Hamon, Marianne et les paradis fiscaux

Europe : Sarkozy l'emportera-t-il au paradis (fiscal)?

En pleine joute Sarkozy-Juncker sur les paradis fiscaux, l'eurodéputé Benoît Hamon nous détaille les modalités d'action qu'il va proposer en tant que rapporteur de la révision de la directive Epargne. Pour le socialiste, la capacité du Président à faire remporter la bataille sur le secret bancaire déterminera la réussite ou l'échec de la présidence française de l'UE.

Marianne2.fr : Alors que les Etats recapitalisent les banques par dizaines de milliards d'euros, beaucoup soulignent l'évasion fiscale qui prive chaque année les Etats d'importantes ressources. Selon la Commission, la fuite serait de 200 à 250 milliards d'euros soit 2 à 2,5% du PIB européen et deux fois le budget de l'Europe. Pensez-vous que l'Union européenne puisse légiférer sur les paradis fiscaux ?
Benoît Hamon : Le problème du cadre européen dans ce domaine c'est l'unanimité nécessaire au Conseil et la multiplicité des situations fiscales. Entre l'impôt sur les sociétés à 0% (Irlande), le secret bancaire (Luxembourg, Belgique...) et les autres cadres juridiques nationaux, les intérêts sont très divergents sur la question. La crise financière peut accélérer la prise de conscience, car les sommes qui sont détournées lèsent directement les citoyens européens et les privent d'investissements publics importants.

Le problème, c'est que beaucoup de pays appuient très fort sur le frein : le refus prévisible du Luxembourg de participer à la réunion de Paris sur les paradis fiscaux est très révélatrice des divergences d'intérêts. Par ailleurs, le rapport que je vais rendre n'a qu'une valeur consultative et j'espère que la crise aidera à le populariser. Au sein de la Commission des Affaires économiques et monétaires, je suis représentant d'un groupe minoritaire. Ce sont les libéraux et les conservateurs qui dominent. Quand des amendements avaient été présenté pour la directive épargne, ils avaient d'abord été acceptés en commission puis rejetés sous la pression des conservateurs qui les avaient d'abord soutenus. Parmi eux, il y avait un certain nombre d'eurodéputés conservateurs allemands issus de la mouvance de Merkel qui critiquaient, quelques jours avant le vote, le scandale des paradis fiscaux !

Quelles mesures prises au niveau européen peuvent permettre de lutter contre la fraude fiscale ?
L'une des principales faiblesses de la directive sur la fiscalité de l'épargne adoptée en 2003, c'est qu'elle ne frappe que les particuliers. La première chose à faire serait d'élargir le contrôle aux personnes morales, fondations et autres formes juridiques qui sont autant de faux nez grâce auxquels les entreprises et les personnes fortunées organisent leur fuite fiscale. Il faudra aussi régler la question de la « fraude carrousel » (par laquelle les entreprises se font facturer dans les pays les moins taxés en faisant peser la TVA sur le client ou le fournisseur) en mettant en place un dispositif d'harmonisation de cette taxe.

Sur le secret bancaire, une mesure est déjà entrée en vigueur : les pays concernés (notamment la Belgique) opèrent un prélèvement à la source de 20% en échange de la confidentialité des données. Je pense qu'il faut le remettre en cause complètement et mettre fin au secret bancaire dans l'UE. Cet été, les Etats-Unis ont obtenu de la banque suisse UBS des informations sur certains citoyens américains fortunés qui utilisaient ses services pour des opérations off shore : cela montre qu'on peut bel et bien remettre en cause la fraude fiscale.

Que pensez-vous des ambitions de la présidence française de l'Union européenne sur la question de la fraude fiscale ?
L'interview d'Eric Woerth dans l'édition de La Tribune du 20 octobre était très peu ambitieuse. Tout l'enjeu, c'est le secret bancaire. Or juridiquement le Parlement n'a pas de rôle décisionnel, c'est le Conseil qui peut faire quelque chose. Nous entrons dans les derniers mois où Nicolas Sarkozy préside cette institution et la crise rend ce sujet très sensible : je mesurerai l'efficacité de la présidence française de l'Union européenne à sa capacité à légiférer sur les paradis fiscaux.

Posté par Laurent 21 à 15:06 - PS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 octobre 2008

Maux de tête

Depuis quelques semaines, j'avoue que je pratique un sport à la mode : le tour des sections. Pour les médecins, c'est une activité très déconseillée : Vous ne mangez quasi pas ou alors à des heures décalées, vous dormez quelques heures par nuit, vous essayez de ne pas vous perdre dans une ville inconnue lorsqu'il faut présenter la motion que vous défendez...etc Non, c'est vraiment une pratique qui n'est pas recommandée.

Pourtant, elle est necessaire dans ces temps de congrès et de crise. Elle permet de voir les débats internes, de comprendre pourquoi le parti a du mal à bouger. Il devient facile de comprendre le poids des barons locaux qui ont forcémment choisi une motion issue de la majorité sortante. Parfois, le débat entre militants peut vous rendre quelque peu septique mais il témoigne un sentiment général. Il arrive également que des militants vous injectivent devant les autres en avançant des arguments de droite du style : "Vous voulez instaurer l'URSS en France" ou alors "Vous n'aimez pas l'économie de marché ?" "Le plus drôle", c'est lorsque vous faîtes l'éloge d'Obama, de Krugman et de Stiglitz et que le secretaire de section, qui a choisi la motion du conservatisme, déclare que vous n'êtes qu'un anti-américain primaire !!!

Il faut comprendre pourquoi certains militants et camarades vous insultent comme si vous êtiez moins honorable que l'UMP. Il m'est même arrivé d'entendre un adhérent du PS dire qu'il était plus proche de la droite que du PC (il faut dire qu'il a des relations avec Sarko et MAM). Bref, la morale de cette histoire est que si on reste uniquement dans sa section, on ne comprend pas toujours les choses.

En tout cas, ce congrès doit permettre un sursaut qui aurait dû déjà intervenir après le 21 avril 2002 ou le 29 mai 2005. Si  rien ne change, le parti sera plus qu'en difficulté. C'est son existence qui est en jeu.

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13 octobre 2008

Débat Ripostes

http://www.france5.fr/ripostes/ : excellent débat sur la crise financière

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10 octobre 2008

Petites histoires d'avant congrès

C'est la première fois que je m'engage dans un congrès du PS pour convaincre les militants de voter pour la motion C.

Comme je m'y attendais, certains militants de la fédération des Hauts de Seine ont parfois des reflexions étranges

A Courbevoie : "Je suis d'accord avec Jean Peyrelevade pour transférer 5 points de PIB des ménages vers les entreprises."

A Saint Cloud :" Je suis favorable au développement du crédit hypothécaire en France."

D'autres m'ont interrogé sur ma vision de l'Europe (sous entendu "vous êtes contre l'Europe")

Quelques uns ont quand même osé dire : "Quand on veut poser des restrictions au libre-échange, c'est quand même douteux" (sous entendu : C'est une marque de xénophobie)

Posté par Laurent 21 à 14:13 - PS - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 octobre 2008

C'était il y a 6 ans.....

Pour un Nouveau Parti Socialiste

Le Parti socialiste doit se réformer lui-même, afin de rendre crédible sa volonté de transformer demain la société.

par Julien Dray, député de l'Essonne, Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire, et Vincent Peillon, porte-parole du PS

Point de vue paru dans le quotidien Libération daté du 9 octobre 2002


Julien
Dray



Arnaud
Montebourg



Vincent
Peillon


Après le séisme du 21 avril, le défi lancé à la gauche tout entière et au Parti socialiste en particulier est de faire lever un nouvel espoir. Ce n'est pas qu'une ambition, c'est une obligation. Ne pas y répondre, s'y dérober, se perdre en atermoiements ou en habiletés, c'est, pour les socialistes français, prendre le risque d'une situation à l'autrichienne, le risque d'enfanter à nouveau des désastres prévisibles et, peut-être, durables. C'est se refuser à comprendre et à entendre ce qui s'est passé, car chacun sait, au-delà des exercices convenus d'autocritique et de repentance, que ce sont les actes seuls qui diront si nous avons tiré les conséquences de ce séisme ou si nous nous contentons de reprendre le fil des jours ordinaires après la cérémonie rituelle de la pénitence, de la contrition, de la modestie.

Parce que les actes tardent, le découragement s'installe progressivement. Ce n'est encore que l'ombre d'un certain désenchantement, mais c'est déjà presque un malaise. Une crise de confiance. Une apathie. Un climat pesant qui alterne indifférentes torpeurs et mauvaises querelles, et où pointe par instants la tentation lâche, laide, du renoncement. Il faut lui opposer la sincérité du moment historique et que soient tracées avec éclat les lignes futures de nos combats, que soient marqués sans crainte ni hésitation notre volonté, notre engagement, notre désir d'affronter les questions que nous n'avons pas traitées, les problèmes que nous avons dissimulés et que le peuple des citoyens n'a pas oubliés.

D'abord celle de la démocratie politique, contestée, et de la démocratie sociale, asphyxiée. Nous avons besoin de refonder le contrat démocratique entre tous les Français, et rien ne pourra le refaire, aucun ravaudage, si ce n'est une nouvelle Constitution, donc une nouvelle République.
La démocratie sociale a besoin elle aussi d'actes fondateurs. Il faut les instituer car, d'amère expérience, sans démocratie sociale forte et reconnue, sans possibilité d'engagement clair des acteurs sociaux, les réformes échouent. Les socialistes doivent cesser de faire comme s'il était une fatalité pour eux de porter le poids d'un système politique à bout de souffle qui conduit nos électeurs à se détourner de l'engagement civique, nos pratiques politiques à se dévoyer, jusqu'à devenir contraires à nos propres valeurs et à notre tradition. Il y a du lyrisme dans l'espérance. Réconcilions notre peuple avec sa démocratie. C'est un beau projet qui mérite sa peine et sa joie.

Ensuite, l'Europe. Celle que nous avons construite est trop éloignée de l'idéal européen qui est le nôtre, et au nom duquel nous avons mené avec ardeur cette construction. Dans cet écart peuvent aujourd'hui prospérer toutes les régressions nationalistes et populistes. Avec l'élargissement, avec la réforme institutionnelle, l'heure de vérité approche. Si on aime l'Europe, la crise européenne qui s'installe ne doit pas être subie. Elle doit être maîtrisée et donc anticipée. L'idée même que l'Europe telle qu'elle est nous préserve des dangers de la mondialisation libérale ne convainc plus personne. L'Europe apparaît au contraire comme le cheval de Troie d'une dérégulation dont les ravages sont ressentis cruellement par nos peuples, non pas de manière abstraite mais dans leur vie quotidienne. Si nous voulons que l'idée européenne retrouve sa puissance historique et l'adhésion des peuples, et nous le voulons de tout notre coeur et de toute notre histoire, il faut aujourd'hui poser les conditions de son avenir, c'est-à-dire de sa réforme, avec précision et fermeté. En Europe comme en amour, il nous faut des preuves. Avant tout élargissement, exigeons des garanties préalables sur son contenu social, sur sa réalité démocratique, sur les moyens de sa puissance politique.

Surtout, la place, le rôle et la valeur du travail doivent être réaffirmés. La montée de la précarité, les tensions nouvelles et brutales entre ceux qui sont dans «l'assistance» et ceux qui sont dans le travail difficile et mal rémunéré, l'absence d'ordre public social fort et respecté, les disparités considérables entre les petites entreprises et les grandes imposent un nouveau pacte social. Cela exige de clarifier les finalités de notre système de prélèvements fiscaux et sociaux, les modalités du partage des richesses produites entre les salariés et les actionnaires, le travail et le capital. Chacun sait que la fiscalité française a trahi sa mission redistributrice. La révolution fiscale est désormais à l'ordre du jour ; elle seule redonnera au principe de progressivité toute sa vigueur. Lorsque la gauche manque d'audace et de générosité, elle se manque à elle-même. Écoutons moins les menaces des nantis et des arrogants : entendons mieux la détresse des humbles.

Enfin, nous devons imprimer la marque du civisme et de l'autorité républicaine, que nous avons trop négligée alors qu'elle est au coeur de notre tradition. Cette ambition ne pourra se borner à manier le bâton et à stigmatiser les populations déjà les plus fragiles. Ce sont toutes les politiques publiques, politiques de la sécurité et de la justice bien sûr, mais aussi politiques sociales, éducatives, culturelles, sportives qui doivent être mobilisées pour définir une action globale qui permette à chacun, sans distinction de couleur, de naissance, de fortune, de confession, de retrouver un équilibre républicain et laïque des droits et des devoirs qui soit juste. Ainsi renaîtront la volonté et la fierté d'être français ensemble. Notre pays sait construire le Stade de France en un an, se paye le luxe d'un deuxième porte-avions, mais disserte et colloque sur son impuissance à briser ses ghettos et à intégrer un trop grand nombre de ses enfants. L'égalité républicaine est une idée exigeante, un principe que nous avons trop abandonné face au matérialisme grossier d'une société capitaliste construite sur le consumérisme, l'utilitarisme et la concurrence des intérêts. Cette égalité trouvera ses meilleures armes dans le service public et les biens publics qui appartiennent à la communauté nationale et qu'il nous faut défendre.

Voilà quelques questions lourdes, mais que l'on ne peut pas ne pas entendre, et quelques promesses de réponses à construire ensemble. Nous sommes au début d'un chemin.

Les militantes et les militants ont assez dit, depuis vingt ans, à quel point ils ont eu le sentiment de n'être ni assez écoutés ni assez entendus. Ils se refusent à être une société fermée. Mais pour entendre et répondre, et marcher, et marcher encore, et marcher nombreux sans crainte de s'égarer à nouveau, de perdre ceux qui viennent de nous rejoindre et de tomber cul par-dessus tête une nouvelle fois dans le fossé profond, le Parti socialiste doit se mettre lui aussi à la question. Il doit faire la démonstration vigoureuse qu'il n'est pas autiste.

C'est pourquoi nous demandons que le Congrès de Dijon soit un congrès constituant. Son ambition et son utilité, cela doit être aussi un nouveau mode d'organisation et de fonctionnement intégrant des décisions courageuses et fortes. Seule la capacité que nous aurons de nous réformer nous-mêmes aujourd'hui rendra crédible notre volonté de transformer demain la société.

Cela nous impose d'imaginer de nouvelles formes de délibération, de représentation et de militantisme pour notre vie commune, des rapports plus féconds et plus institutionnalisés avec les forces syndicales et le mouvement associatif. Il est grand temps aussi de s'ouvrir à cette diversité géographique, professionnelle et sociale, ethnique, qui est la richesse de la France mais qui nous fait tellement défaut. Nous n'échapperons pas non plus à la nécessité de construire les nouveaux instruments politiques et les nouvelles alliances, au plan européen et international, qui nous permettront de lutter plus efficacement car plus résolument contre la férocité du nouveau capitalisme et les vertiges de la dérégulation.

Si le Parti socialiste veut faire du neuf, ce qui ne serait peut-être pas tout à fait inutile face à la détresse des temps, il doit devenir un nouveau Parti socialiste.

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08 octobre 2008

Chronique à écouter

http://www.europe1.fr/popup/reecoute/(idconducteur)/87330/(idsequence)/1348

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28 septembre 2008

Un monde d'avance

Un monde d’avance

Reconstruire l’espoir à Gauche

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Regardons les choses en face.

Le monde change, le vent souffle et il peut nous porter loin. Mais, pour cela, nous devons enfin reprendre l’initiative et ne plus subir. Ne plus subir la droite, son discours et son agenda. Ne plus subir l’air du temps, la dictature de l’opinion et des médias. Ne plus subir les évolutions imposées par nos adversaires comme une fatalité insurmontable. Ne plus subir le temps comme un agent érosif de nos valeurs.

Le vent souffle. Il nous portera loin si nous orientons les voiles dans le bon sens.

Le néo‐libéralisme sombre. Le monde est confronté à quatre crises majeures – crise financière, énergétique, alimentaire et environnementale ‐ dont la simultanéité met en évidence les dangers et les limites de ce qu’il est convenu d’appeler la « mondialisation libérale ». En moins d’une semaine, le capitalisme financier, arrimé sur la dérégulation, la privatisation à outrance, le tout marché et le libre‐échange sans limites, a vu voler en éclat la suprématie que lui conférait son caractère prétendument « indépassable » ou « incontournable ».

Seul le recours massif à l’action publique et aux contribuables a permis de mettre un terme provisoire au chaos créé par la spéculation et la subordination de l’intérêt général aux intérêts particuliers. La véritable hiérarchie entre l’économie et la politique a ainsi pu être rétablie. Si l’on ne change pas radicalement de cap, les conséquences de ce chaos, aujourd’hui encore largement occultées, se feront durement sentir pour les plus faibles, dans les mois et les années à venir. La fameuse « économie de l’intelligence », si chère aux tenants de la suprématie du tout-marché, vient se noyer dans la fameuse :« privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes ». Il en va de même en matière alimentaire, énergétique et environnementale. Si de solides régulations ne sont pas mises en place, par l’action publique concertée portant l’intérêt général, cette tendance désastreuse ne pourra que se renforcer.

Le vieux est mort et le neuf hésite à naître.

Le monde qui disparaît engloutit bien des certitudes. Mais ce constat doit-il nous nous réjouir ou nous inquiéter ? Nous réjouir dès lors que le néo-libéralisme et son cortège d’inégalités, de violences et d’injustice agonisent.

Nous inquiéter aussi devant la montée des nationalismes, l’incitation au « choc des civilisations », la radicalisation religieuse et la multiplication des régimes autoritaires. Nous inquiéter devant le caractère irréversible de nombreuses blessures infligées à l’environnement. Nous inquiéter enfin, devant la surdité de certaines autorités politiques ou financières confrontées à l’ampleur d’une crise qu’elles n’ont su ni anticiper, ni comprendre, ni résoudre.

Face à cette métamorphose, la France, livrée au pouvoir d’un seul homme, ne va pas mieux que ses voisins. Elle va même beaucoup plus mal.

A la crise sévère de nos finances publiques, s’ajoutent le retour de l’inflation et la chute brutale de la croissance qui nous placent en situation de récession. C’est la pire des situations : « la stagflation », que l’on croyait ne jamais revoir. La faiblesse de l’investissement public et privé - scandaleusement attribuée par la droite aux 35 heures ou au code du travail - est la véritable cause de notre perte de compétitivité : elle débouche sur un déficit record de notre balance commerciale. De délocalisation en plans sociaux - c’est désormais le tour des secteurs automobile et aéronautique - la désindustrialisation croissante de notre pays constitue une lourde menace pour notre niveau de vie et l’avenir de notre recherche que l’on s’obstine à délaisser. Le taux de chômage réel remonte, malgré un camouflage statistique très politique. De surcroît, la dégradation de la qualité des emplois et des conditions de travail, pèsent très fortement sur nos concitoyens. Plus des deux tiers des emplois créés au cours des dernières années sont des emplois intérimaires ou des temps partiels subis et mal payés. C’est ce qui explique l’apparition de travailleurs pauvres, que l’on s’apprête à cantonner dans le RSA aux côtés des Rmistes. D’une manière générale le pouvoir d’achat des salariés et des retraités recule : traduction implacable de la captation de plus de 10 points de valeur ajoutée par le capital au détriment des salaires, résultant de l’essor sans précédent du capitalisme financier. Pour la droite, la « valeur travail » est bien évidemment sans rapport avec sa rémunération. A cette tendance de fond s’est superposé un recul des politiques de redistribution, fiscales et sociales, qui se traduit aujourd’hui par une remontée vertigineuse des inégalités. Les écarts de salaires et de revenus ne défient plus seulement la justice sociale : ils attentent au bon sens. Voilà ce qui, si les mots avaient encore un sens, devrait être la première préoccupation des socialistes.

Le contexte international n’est pas étranger à la détérioration de la situation.

Mais, en France, la droite en porte la responsabilité principale. Ses choix fiscaux, comme les 14 Milliards d’euros en faveur des plus riches dès le début de législature, ont aggravé l’état de nos finances publiques. Ils privent, de surcroît, notre pays de toute marge de manœuvre budgétaire pour éviter la récession, sans avoir la moindre conséquence positive sur l’investissement privé.

Suppression de l’impôt sur la fortune, bouclier fiscal, niches fiscales dont le coût est supérieur au double du déficit budgétaire, démantèlement des 35 heures et du code du travail… sont la marque d’une politique conservatrice, affichée au mépris de la plus élémentaire justice sociale. Simultanément, la protection sociale recule, qu’il s’agisse des retraites ou de la santé, au profit d’un secteur privé, dont la débâcle nord-américaine augure mal de la pérennité. Gageons que dans les mois à venir, nous entendrons moins parler des fonds de pensions qui séduisaient tant, parfois, hélas, jusque dans nos rangs. Le déficit de notre régime de santé - bien que préoccupant, mais lié, en réalité, au niveau de l’emploi et au périmètre de l’assiette de perception des cotisations- va s’avérer être peu de chose, comparé à la contribution du trésor américain au sauvetage, en catastrophe, des compagnies d’assurances privées.

La prétendue « rupture » prônée par Nicolas Sarkozy, se résume en réalité à un alignement sur le néo-conservatisme américain, au moment où celui-ci échoue. Elle ne se cantonne pas au domaine économique et social. Elle ne se contente pas de l’appauvrissement des catégories populaires de plus en plus fragilisées et du harcèlement fiscal et tarifaire des classes moyennes, elle s’étend aussi à l’ensemble de l’action publique. De la politique étrangère qui faisait jusque ici l’objet d’un consensus relatif entre gauche et droite, en passant par la personnalisation grotesque du pouvoir, les atteintes aux libertés publiques en matière politique et pénale, le démantèlement organisé des services publics. La remise en cause frontale de la laïcité traduit bien la volonté de rompre avec notre modèle républicain.

En fait de rupture, le gouvernement nous fait entrer dans une période réactionnaire, au sens étymologique du terme, telle qu’en a connu périodiquement la France. Seules, l’hypermédiatisation, parfois étrangement servile, de l’agitation présidentielle, et la faiblesse insigne d’une opposition politiquement indéterminée, parviennent encore à brouiller cette réalité.

Car il faut se rendre à l’évidence : l’opposition, c’est à dire pour l’essentiel notre parti, porte sa part de responsabilité dans ce scénario médiocre. Alors que nous n’avons jamais disposé d’autant d’atouts (trois groupes parlementaires puissants, la majorité des départements, des régions et des municipalités, grandes et moyennes), notre parti n’a pas la faveur des Françaises et des Français qui jugent son action timorée, brouillonne et son projet inexistant ou illisible. Alors même que le contexte politique, aussi bien national qu’international, nous est favorable, nous nous trouvons, le plus souvent, incapables de répondre aux attentes de nos électeurs.

Contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, ces carences ne peuvent en aucun cas s’expliquer par des raisons purement « socialo-socialistes ». Ni l’absence de leader avéré, ni notre diversité interne, ne nous permettent de comprendre cette situation. Le mal est plus profond. La social-démocratie européenne a subi 13 défaites sur les 15 derniers scrutins. Est-ce, dans chacun de ces treize partis, faute de leaders ou de discipline ? Ou bien est-ce le résultat de l’acceptation, par la social-démocratie, des principes néolibéraux, des valeurs de nos adversaires ? Reconnaissons-le, cette seconde hypothèse paraît tout de même plus vraisemblable !

Nous avons bien perdu, dans les dernières décennies, la bataille culturelle, c’est à dire la bataille politique au niveau le plus élevé et le plus profond. Il est temps, plus que temps, d’inverser la tendance. L’avenir du PS ne peut être le passé de la social-démocratie européenne.

Nous n’avons pas gagné d’élection présidentielle depuis 20 ans, ni d’élections législatives depuis 11 ans. Et rien n’indique que nous serions en mesure de l’emporter aujourd’hui, malgré les cafouillages et les échecs de la droite au pouvoir. Imputer cette position de faiblesse à la qualité des équipes ou à l’état du navire est un peu court : comme nous l’a appris Sénèque, « il n’y a pas de bons vents pour le marin qui ne sait pas où il va ».

Le cap, la ligne, le projet : peu importent les mots choisis. Ce qui est essentiel pour un parti politique, ce qui entraîne l’adhésion ou motive la critique, c’est son orientation politique : les valeurs qu’il défend et les moyens qu’il préconise pour les mettre en œuvre. La société qu’il dessine, l’horizon qu’il propose.

Le PS n’est pas à court d’idées. Ses valeurs sont, plus que jamais, d’actualité. Son patrimoine historique ou la relation privilégiée qu’il devrait entretenir avec le progrès, lui fournissent la matière pour bâtir un véritable projet alternatif à celui des conservateurs. Mais notre visibilité est brouillée par les concessions incessantes à une pensée qui n’est pas la nôtre.

Nous avons gagné les élections chaque fois que nous avons eu un temps d’avance. Un temps d’avance sur l’adversaire, un temps d’avance dans la compréhension du monde, un temps d’avance sur les métamorphoses de la société.

Aujourd’hui nous devons avoir un monde d’avance. Là où la droite contemple les ruines d’un modèle de développement fondé sur le laisser-faire généralisé, la gauche est seule légitime pour lever une nouvelle espérance. A nous de reconstruire l’espoir à gauche

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27 septembre 2008

La dernière blague de Ségolène

"Elle souhaite l'interdiction des licenciements et des délocations".

1- Qu'en pensent G. Collomb et F. Bayrou (actuel et futur allié) ?

2- Son texte déposé mardi ne mentionne pas cela. Il y a un décalage entre les discours gauchistes et les textes socialo-centristes

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Communiqué de B. HAMON en réaction au discours de Sarkozy

Qui sont donc ces fous qui baissent de 13 milliards les impôts des plus riches ?

Qui sont donc ces fous qui privatisent la Poste ?

Qui sont donc ces fous qui libéralisent la santé ?

Qui sont donc ces fous qui démantèlent le droit du travail ?

Qui sont donc ces fous qui organisent dans tous les domaines les reculs de l'Etat ?"

Nicolas Sarkozy "vient de se livrer, dans un mélange d'approximations économiques et de bégaiements idéologiques, à un réquisitoire en règle contre un système qu'il défend et promeut depuis le début de sa carrière politique

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