Laurent BALA ("pour un monde d'avance")

"Sans la République, le socialisme est impuissant. Sans le socialisme, la République est vide" (Jean JAURES)

03 septembre 2008

Combattre le RSA

Dans la pensée néoclassique, qui inspire les politiques de droites, le chômage est un acte volontaire.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/08/29/denis-clerc-le-rsa-risque-d-augmenter-le-travail-a-temps-partiel_1089451_3224.html

Infographie

Le RSA est-il plus intéressant que le RMI ?

LEMONDE.FR | 29.08.08 | 19h57   •  Mis à jour le 29.08.08 | 20h31

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Le calcul du RMI face au calcul du RSA | Le Monde.fr

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25 août 2008

De retour !

Après 16 jours passés en Espagne, il est temps de reprendre la plume. Que dire ?

Depuis 24h, je trouve que le climat en France est de plus en plus détraqué. La différence de température entre la costa daurada et l'agglomération montargoise (45) est saisissante. A la frontière, la température affichait 27°C à 20H30. Au petit matin, il faisait 9°C dans le Loiret. Même en journée, la fraîcheur apparaît comme inhabituelle.  Ou alors serait-ce le symbole de la situation économique et sociale de la France dans ces temps de crise ? Au lendemain de l'élection de Sarkozy, il pleuvait alors qu'il faisait beau depuis 2 mois.

Pour le Parti Socialiste, c'est aussi le brouillard qui domine. Pour l'instant, rien ne permet de savoir qui sera le 1er Secretaire et quelle orientation va gagner même si on sent que le candidat de F. HOLLANDE (J. DRAY) a plus de chances d'accèder à son ambition, surtout si Henri EMMANUELLI et Benoit HAMON s'allient au dernier moment. La semaine va passer vite et j'ai hâte d'être vendredi pour le début de l'université d'été à la Rochelle. Ces grands moments militants permettent de comprendre mieux la stratégie de chacun.

Pour ma part, j'assisterai aux débats du MJS et notamment à la rencontre avec le Premier Secretaire.

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24 juillet 2008

Dette et bataille culturelle

La dette publique : une honte pour la France ? Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Fabien Eloire    
12-06-2007
La dette publique de l'État français ? "Une calamité", "un problème majeur" ! C'est désormais le consensus dans la classe politique, de l'UMP à l'UDF en passant par le PS. Mais, comment cette vieille rengaine du discours de droite s'est-elle à ce point imposée dans l'esprit des citoyens et de la gauche de gouvernement ?

J'ai une petite fille de trois ans. Lorsque j'ai appris ça à la radio, j'ai hésité à lui en parler. Et puis je me suis dit qu'elle n'avait pas l'âge d'entendre ça, qu'elle ne comprendrait pas. 17 000 €. Pourquoi ? Comment ? Je ne sais pas. Elle est née avec 17 000 € de dettes ! Vous vous rendez compte ! 17 000 € qui pèsent sur ses frêles épaules. Je ne lui ai pas encore dit. Suis-je un mauvais père ? Après la radio, j'ai lu dans un journal que cette épée de Damoclès tombera, un jour, c'est sûr, si on ne fait rien. Laisser "filer la dette", c'est la "facilité", le "manque de courage politique", c'est l'œuvre d'une gauche dépensière et irresponsable. Heureusement, le ministre de l'Économie du gouvernement Villepin, Thierry Breton, a dit qui allait prendre le problème à bras le corps, s'en occuper personnellement. Volontariste, responsable, économe des deniers de contribuables. Un bon "père de famille", lui, pas comme moi. Je ne lui ai toujours pas dit. Je n'ose pas. Vous feriez quoi, vous ?
Dès juillet 2005, Thierry Breton a retroussé ses manches. Fait de la "pédagogie" auprès des citoyens français. Il en a appelé à leur "res-pon-sa-bi-li-té". Car l'État ne pourra pas se permettre plus longtemps de poursuivre son train-de-vie actuel. Un patachon, l'État ! Des dépenses inconsidérées ! Et tous ces gaspillages qui n'honorent pas nos services publics et qui pourraient très bien être assurés par le secteur privé. Le message tient en deux mots : modernisons-nous ! Thierry Breton a pris sa plume pour écrire à Michel Pébereau. En raison de la "compétence économique et financière", de l'"expérience européenne et internationale" de ce dernier, il a décidé de lui confier la rédaction d'un rapport sur la dette publique française. Il lui a bien rappelé, dans sa "lettre de mission", que "pour la première fois, l'impôt sur le revenu 2006 ne servira qu'à rembourser les intérêts de la dette publique".

La dette, c'est de notre faute
Décembre 2005 : le rapport était sur le bureau du ministre, savoureusement intitulé "des finances publiques au service de notre avenir : rompre avec la facilité de la dette publique pour renforcer notre croissance économique et notre cohésion sociale". Accablant. On y apprend que la dette, c'est de notre faute : ce ne sont pas des "circonstances exceptionnelles" qui l'ont engendrée, mais bien "une gestion insuffisamment rigoureuse des dépenses publiques", ou encore "les lourdeurs et les incohérences de notre appareil administratif", et "nos pratiques politiques collectives". Suivent, sur plus de cent trente pages, les explications de ce désastre national.
Heureusement, tous les leaders politiques ont mesuré l'ampleur du problème lors de la campagne électorale. Ségolène Royal comme Nicolas Sarkozy se sont fait un point d'honneur à ne pas oublier le thème de la dette dans leurs discours-programmes. Mais la palme revient à François Bayrou, président de l'UDF. "La question de la dette est un déshonneur pour les générations de responsables qui ont été au pouvoir depuis vingt-cinq ans", affirme-t-il. "Depuis 1981, année après année, le déficit a été toujours davantage creusé et la dette s'est toujours davantage accumulée (…). C'est une somme astronomique qu'aucun esprit normalement constitué ne peut se représenter. (…) On dit souvent : la dette, ce sont nos enfants qui devront la payer. (…) Nous vivons comme des inconscients qui jouent assis sur une bombe. Car l'explosion nous guette." (Extraits du livre Projet d'espoir, 2007).

Un sujet tellement consensuel
Pourquoi le consensus politique sur ce sujet n'a-t-il étonné personne ? Pas un journaliste des principaux médias ? Il y avait quand même des signes : les trouvailles de Thierry Breton sont, surtout, de beaux slogans marketing. Et le rapport de Michel Pébereau est le copier-coller de la Public choice theory (école des choix publics), courant d'économistes orthodoxes hégémoniques en Amérique au début des années 80 et qui considère que "les déficits naissent parce que les politiciens accroissent leur perspective de survie politique en augmentant les dépenses (…)" (cf. Sébastien Guex, La politique des caisses vides : État, finances publiques et mondialisation, Acte de la recherche en sciences sociales, n°146-147, 2003).
Contraindre l'État à rétrécir. Voilà l'enjeu central de cette litanie de la dette publique. Un enjeu pour une politique de droite, libérale, puisque la gauche est plutôt, historiquement, du côté de l'État social, protecteur. Si, sur ce point, droite républicaine et gauche de gouvernement sont tacitement en accord, on comprend que la question de la dette ne fasse pas débat, que le consensus soit installé et que les critiques de ce discours dominant restent inaudibles… Les critiques ? Il en existe, évidemment ! Mais il faut chercher du côté d'économistes de courants scientifiquement sérieux… malheureusement moins à la mode que les tenants de la théorie néoclassique.
Depuis le début des années 70, moment du tournant vers le néolibéralisme, c'est-à-dire vers une politique musclée de contre-réforme axée sur le patient démantèlement des conquêtes sociales, économiques et fiscales des salariés, cette théorie a été appliquée de façon délibérée dans des pays comme la Nouvelle Zélande, la Suisse, l'Angleterre de Thatcher ou l'Amérique de Reagan. Leurs dirigeants ont eu l'idée de consentir à des baisses d'impôts, tout en laissant filer les dépenses publiques, pour creuser le déficit, et l'utiliser, ensuite, comme un "formidable moyen de pression pour contraindre l'État à rétrécir" (Guy Sorman, cité par Sébastien Guex, op. cit).

Ce que vous n'avez entendu nulle part
En réponse au rapport Pébereau, l'OFCE, l'observatoire français de la conjoncture économique, dirigé par Jean-Paul Fitoussi, un organisme plutôt lié au courant keynésien, a posé la question dès janvier 2006 : "Faut-il réduire la dette publique ?". Les arguments développés sont solides.
Premier d'entre eux, si chaque nouveau-né hérite de dettes, il hérite aussi d'actifs publics (routes, écoles, maternités, équipements sportifs, etc.). Ne pas en tenir compte relève de l'escroquerie intellectuelle. Car cela change tout : chaque nouveau-né n'est, en fait, pas endetté de 17 000 €, mais riche de 166 000 € !
Deuxième argument, celui des comparaisons internationales : la dette de la France (66% du PIB) est au même niveau que celle des États-Unis (65%), en dessous de la moyenne de la zone euro (72%) et largement plus faible que celle du Japon (169%).
Troisième argument : est-il bien sérieux d'évaluer l'héritage futur des enfants français à l'aune de la seule dette publique ? Evidemment, non. Il faut aussi prendre en compte l'épargne de leurs parents. Et, d'une manière générale, il faut prendre en compte toute la richesse nationale. De ce point de vue, la France consomme nettement moins qu'elle ne produit et ne vit donc pas "au dessus de ses moyens".
Quatrième argument, et non des moindres, les marchés financiers verraient sûrement d'un mauvais œil le remboursement total de la dette. "Les agents privés désirent détenir de la dette, rappelle l'OFCE (…). La dette publique française est demandée. Les marchés font confiance à la signature de l'État français". Ainsi, 59 % de la dette est-elle détenue par des étrangers… Cela pose-t-il un problème ? "Au contraire, explique l'Agence France Trésor, organisme public chargé de gérer la dette, l'État diminue son risque de refinancement en diversifiant sa base d'investisseurs" (http://www.aft.gouv.fr/ rubrique : " qui détient la dette de l'État ? " et " 20 questions sur la dette publique ").

L'État n'est pas un bon père de famille
Comme on le voit, la question de la dette publique est autant une question de macroéconomie qu'une question politique, et une discussion à son propos mérite assurément mieux qu'un "bon coup marketing" ou qu'un rapport de "commande" à un expert soi-disant "indépendant" (cf. encadré ci-dessous). S'il ne s'agit évidemment pas de nier l'existence de la dette, il s'agit surtout de montrer que le problème n'est pas moral, qu'il n'est en rien lié au "déshonneur", à l'"irresponsabilité", ou à l'"inconscience" des dirigeants, comme le pense François Bayrou.
La dette publique a augmenté depuis vingt-cinq ans ? Il y a des raisons sérieuses à cela. Si elle est passée de 20 % du PIB en 1980 à 66 % en 2005, c'est principalement en raison d'un phénomène dû au chômage de masse qui s'est installé, en France, depuis cette période. La majeure partie de la dépense publique concerne la protection sociale (retraites, santé, allocations chômage). Cette protection sociale ne constitue pas, à proprement parler, des dépenses, il s'agit surtout d'un système de solidarité et de redistribution au sein de la population nationale. La montée puis l'installation du chômage de masse a mis à mal ce système : moins de cotisants et moins de personnes imposables, mais de plus en plus de personnes sans ressources…
Dans une telle situation, le rôle de l'État est évidemment fondamental. Pour les experts de l'OFCE, l'État n'a pas, en matière d'économie, vocation à se comporter comme un ménage ayant une gestion de "bon père de famille" ou comme une entreprise privée devant chercher à épargner. L'État doit jouer son rôle d'État : A propos du recours, dans le passé, au déficit public, l'OFCE estime qu'il "a été nécessaire pour soutenir l'activité". Pour ce qui est de sa réduction, aujourd'hui, elle aura "un impact négatif à court terme sur la croissance économique"… Cette fois, c'est le rapport Pébereau qui l'avoue à la page 111 ! Et l'OFCE de renchérir : "Est-ce le moment d'affaiblir encore les espoirs de reprise ?". La question mériterait d'être posée. Mais le consensus ambiant empêche tout débat. Pas vraiment rassurant tout ça. Sinon que les épaules de ma petite fille sont finalement moins lourdes que monsieur Breton ne le dit. "certes, une gestion rigoureuse et certains redéploiements sont nécessaires", mais l'État est "immortel, il peut avoir une dette en permanence, il n'a pas à la rembourser (…), [ce serait, de toutes façons] un objectif coûteux et sans réelle signification économique".

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10 juillet 2008

Calendrier pour les prochaines semaines

12-13-14 juillet : week end en Vendée

26 juillet : mariage d'une amie

Jusqu'au 7 août : rédaction du mémoire de M2.....

8-23 août : vacances en Espagne

Dernier week end d'août : université d'été MJS à la Rochelle

Première semaine de septembre : soutenance du mémoire

Recherche d'un emploi......

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18 juin 2008

Il y a des jours comme ça...

Le 17 juin, une date qui ne restera pas dans les annales.

14H : Manif

Le cortège n'est pas ridicule mais il n'est pas non plus impressionnant comme lors du CPE. Nous sommes une quarantaine de militants du MJS à tenir un point fixe sur le côté de la manifestation. Nous croisons quelques militants du PS présents. D'autres défilent avec leurs organisations syndicales. Peu de ténors à part Benoit HAMON, Henri EMMANUELLI et Jean-Luc MELENCHON. Personnellement, alors que j'étais en train de distribuer des tracts du MJS appelant à la semaine de 4 jours (32H/semaine) j'ai eu droit à quelques insultes venant du cortège de la CFDT(c'est vraiment un comble !). On me traitait de "sale droitier" ou alors on me demandait si j'étais venu pour l'abrogation des 35H...

19H : La réunion du Comité de Corrdination Régionale

Débats sur le prochain camp d'été Ecosy (les jeunes socialistes européens).

21H : Foot

Nous nous sommes retrouvés avec une dizaine de militants MJS dans un bar à Paris.

Dès la 25e minute, les choses s'engagent mal (1-0 et carton rouge pour ABIDAL). Au vu du match, tout le monde se dit que c'est foutu. Le deuxième but arrive et là les clients du bar commencent à espérer rapidement la fin du calvaire.

En rentrant chez moi, les usagers du RER A sont pour la plupart dépités. Le moral des ménages n'est pas prêt de se redresser. Le bus arrive à la gare de la Garenne Colombes. Le véhicule s'arrête au feu, près d'un bar et je vois F. HOLLANDE sur M6. Tiens, je ne l'ai pas vu en manif ....

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12 juin 2008

Un non salutaire ?

Drapeau20europeAujourd'hui, 12 mai 2008, le peuple irlandais vote par référendum sur le traité de Lisbonne. C'est le seul pays de l'UE où les citoyens ont le droit de donner leur avis.

Comme à chaque consultation populaire, les dirigeants de l'Union et la presse dominante tremblent. Et finalement, comme en mai 2005, j'entends les mêmes arguments. Les irlandais seraient incompétents pour pouvoir voter ce texte ou trop égoistes. Cette arrogance est encore plus franche chez notre cher ministre des Affaires Etrangères qui a osé menacer les citoyens irlandais comme il pérorait en mai 2005.

Personnellement, ce genre de propos aurait tendance à me renforcer sur mon choix. Comment vont réagir les irlandais ? C'est une autre question.

Le vote du 29 mai était salutaire. De plus, il y avait la perspective d'une conquête du pouvoir par la gauche. Peut-on espérer un autre non salutaire ? Le plus dur, ce n'est pas le vote. C'est la suite à donner à ce vote.

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03 juin 2008

Le 17 juin, tous dans la rue !

Décidement, nous allons payer très cher l'élection du petit Napoléon. Depuis 6 ans, les conditions de vie se dégradent, les prix augmentent et la droite avance sans complexes. De 2002 à 2007, le bilan de la droite était catastrophique mais Sarkozy a été élu avec 53%.

La dernière provocation de cette majorité touche un symbole cher à la gauche : La réduction du temps de travail. C'est un des points de clivage majeurs entre la gauche et la droite. Nous pensons que "nous ne sommes pas fait uniquement pour travailler. Nous sommes fait aussi pour vivre."

Cette citation de Martine AUBRY contraste grandement avec la vision de la droite estimant que les pauvres sont fait pour travailler et les riches pour dépenser. Cette veille pensée réactionnaire du XIXe siècle est la marque de l'idéologie actuelle de l'UMP.

Depuis quelques semaines, je lis de plus en plus d'articles sur la semaine de quatre jours et sur Pierre LARROUTUROU qui propose un nouveau contrat social :

Si l’on tient compte des chômeurs cherchant des emplois en CDD ou à temps partiel et des plus de 55 ans dispensés de recherche d’emplois, le total des inscrits à l’ANPE dépasse aujourd’hui les 3 870 000. Plus d’un million d’adultes et 1,5 million d’enfants survivent avec le RMI (+ 200 000 RMIstes en trois ans). Des millions de salariés n’ont que des emplois précaires. Aujourd’hui, pour des millions d’hommes et surtout de femmes, la vie consiste en une alternance de périodes de chômage et de périodes de précarité : la galère à durée indéterminée, une catastrophe humaine…
À un tel niveau, chômage et précarité déséquilibrent complètement la négociation entre salariés et entreprises. Le « Si t’es pas content, tu peux aller voir ailleurs » remplace souvent toute vraie négociation. Ce qui va aux salaires dans la richesse nationale a considérablement diminué.

salaires_pib
En vingt ans, la part des salaires dans le PIB a chuté de 12% (pour cette année, environ 190 milliards d’euros vont aller au capital alors qu’ils iraient aux salariés si le marché du travail retrouvait l’équilibre de 1980).
Pour justifier le retour aux 40 heures, les leaders de la droite mettent en avant la faiblesse des salaires. Mais tant que le chômage et la précarité resteront à ce niveau, la baisse des salaires se poursuivra, le stress des salariés continuera d’augmenter, la croissance restera molle et les ressources de l’État, des collectivités et de la Sécu stagneront. Nous aurons les plus grandes difficultés à financer les services publics, la recherche, la santé et les retraites.
La crise que nous traversons est complexe et multiforme mais le chômage est au cœur de la crise. Nous ne pouvons pas nous résigner. Nous ne devons pas baisser les bras. Casser le chômage doit rester notre priorité absolue.

Peut-on compter sur la seule croissance ?

croissance_france
Au bout de trente ans de crise, c’est une erreur fondamentale de croire encore que la solution à la crise sociale viendra de la croissance. Aujourd’hui, le seul moyen de rééquilibrer le marché du travail pour augmenter vraiment les salaires, le meilleur moyen de relancer la croissance et de sauver les retraites, c’est de s’attaquer frontalement au chômage.

Comprendre le chômage d’abondance

Pour vaincre le chômage, il faut en comprendre l’origine. Nous sommes en train de vivre une révolution telle que l’humanité n’en a jamais connue. Alors qu’il avait fallu 140 ans pour que la productivité soit multipliée par deux entre 1820 et 1960, elle a depuis été multipliée par 5.

Grâce à la formation, aux robots et aux ordinateurs, la productivité du travail humain a progressé de façon inouïe. En un quart de siècle, l’économie française produit 70% de plus avec 10% de travail en moins : depuis 1974, le PIB a presque doublé mais le total des heures travaillées (tous secteurs confondus) est passé de 41 à 36,9 milliards d’heures. Dans le même temps, la population active disponible a fortement augmenté, passant de 22,3 à plus de 27 millions de personnes. Le travail nécessaire à l’économie baisse de 10% mais le nombre de personnes disponibles augmente de 18%. Un écart de 28% s’est creusé entre l’offre et la demande de travail.

Si, dans le même temps, la durée individuelle du travail avait baissé de 28%, le chômage serait resté à son faible niveau de 1974. Mais, hélas, notre contrat social est bloqué. La durée du travail pour un emploi normal a très peu baissé : si l’on tient compte des heures supplémentaires, la durée réelle du travail est aujourd’hui de 38,8 heures en moyenne, pour un emploi à plein temps (Insee 2003). C’est donc un « partage du travail » sauvage qui s’est mis en place : 3 millions de personnes font 0 heure par semaine (les chômeurs), 19 millions travaillent plein pot (parfois trop) et 4 millions sont à temps partiel.

Dans le même temps, l’espérance de vie a augmenté de 5 ans et l’arrivée sur le marché du travail a été retardée de 3 ans en moyenne. Pour les plus jeunes d’entre nous, il est donc difficile de s’arc-bouter sur le maintien de la retraite à 60 ans. Pour assurer un bon revenu à tous les retraités, il faut faire évoluer le contrat social : travailler un peu plus longtemps pour sauver les retraites mais travailler beaucoup moins chaque semaine ou chaque année pour casser le chômage et vivre autrement…

La semaine de 4 jours, ça marche !


Plusieurs centaines d’entreprises sont déjà passées à 4 jours : Fleury Michon, Monique Ranou, Mamie Nova (Coop Even) ou Télérama mais aussi des centaines de PME inconnues : une auto école à Rouen, un fabricant de logiciels à Chambéry, un charpentier prés de Bordeaux, un laboratoire d’analyse biologiques à Pau, une concession Peugeot dans le Var, un libraire, un chauffagiste et une agence de pub à Paris… À partir de l’effet-emploi observé chez ces 400 pionniers, le Ministère du Travail estimait en 1997 qu’un mouvement général vers les 4 jours créerait 1.700.000 emplois en CDI.
Pour augmenter l’effet sur l’emploi, il faut absolument que les exonérations soient conditionnées à des créations d’emplois.

Aux Etats-Unis, la durée moyenne du travail est aujourd’hui de 33,7 heures. Elle est de 29,9 heures aux Pays-Bas… Vu les gains de productivité réalisés dans toutes nos économies, le débat n’est pas pour ou contre la RTT ? mais plutôt quelle RTT ? RTT organisée par le marché (précarité, stress et concurrence permanente) ou RTT organisée par le débat, le référendum et la négociation ?

« Il faut passer à 32 heures. Cela obligera toutes les entreprises à créer des emplois » affirmait Antoine Riboud en 1993. Il n’a guère été entendu. En période de crise, il est plus facile de jouer sur les peurs et de parler au cerveau reptilien que de parler à l’intelligence et au cerveau citoyen. En 1917, quand Henry Ford affirmait qu’il fallait des règles collectives pour augmenter les salaires (afin d’augmenter la consommation), quand Kellog passait ses usines à 30 heures (et augmentait les salaires de 12%) pour « donner du travail à 300 chefs de famille », ils ont été moqués par les autres patrons américains. Beaucoup, à gauche, ont peur d’être ridicules en parlant à nouveau du temps de travail : on en a déjà tellement parlé. On a peur de faire « réchauffé ». Mais la peur n’est pas forcément bonne conseillère. Serons-nous capables de nous ressaisir et d’ouvrir un vrai débat sur cette question cruciale avant que la précarité généralisée ne débouche sur une crise majeure ?

Pierre Larrouturou*

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23 mai 2008

De retour !

Après une semaine d'absence, je voici de retour !!! Pour expliquer ce silence insupportable, il faut que je vous dise la vérité. Wifi, c'est fini. Plus d'internet dans mon 12,75m². C'est la cata..... Depuis 3 mois, un inconnu me permettait de me connecter sur le net. Depuis une semaine, il a sûrement dû ajouter une protection à  son réseau.

Sinon, la semaine a été chargée :

Lundi,  conseil fédéral à Boulogne : C'était le beau bordel. Pour adopter un amendement à la déclaration de principe, il fallait un consensus général.

Mardi : réunion de groupe à asnières

Mercredi : AG du NPS 92 avec l'excellent Pascal CHERKI. Le NPS s'appelle aujourd'hui Reconquêtes

Jeudi : Manif sur les retraites, AG de section à Colombes

Vendredi : débat sur la 6e République

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13 mai 2008

Bilan de la LRU

La loi sur l'autonomie des universités

engendre des situations de blocage

L'application de la loi du 10 août 2007 sur les libertés et responsabilités des universités (LRU), qui organise leur autonomie, provoque des remous dans un certain nombre d'établissements. La présidente de l'université Blaise-Pascal (Clermont-II) a préféré jeter l'éponge. Nadine Lavignotte et son équipe ont démissionné, vendredi 2 mai, après que sa proposition de nomination de personnalités extérieures a été refusée à deux reprises par son conseil d'administration (CA).

Mise en difficulté sur le même sujet, sa collègue de l'université de Dijon, Sophie Béjean, tentera pour la troisième fois, le 16 mai, de faire approuver sa liste de candidats. A l'université de Montpellier-II, le président bataille aussi. Sans aller jusqu'à ces situations de blocage, beaucoup d'autres présidents ont dû ferrailler à l'intérieur de leurs murs.

Première occasion de contestation : l'élection des nouveaux membres des conseils d'administration et la désignation de leur président. Les universités ont jusqu'au 11 août pour y procéder. Selon le ministère de l'enseignement supérieur, 49 universités sur 85 avaient déjà organisé ce scrutin début mai. Dans ces 49 établissements, 37 présidents ont été reconduits, un a été réélu, 11 entament leur premier mandat. Pas de grand changement en apparence, la plupart des présidents qui exerçaient avant la loi ayant retrouvé leur fauteuil.

Michel Lussault, président de l'université de Tours et porte-parole de la conférence des présidents d'université (CPU), se félicite que le vote "n'ait pas porté d'équipes "anti-LRU" à la tête des universités". Il reste que le mode de scrutin à un tour avec prime majoritaire (la liste arrivée en tête obtient 50 % des sièges plus une voix) a permis aux anti-LRU de se tailler une bonne place dans les conseils de l'université.

Le scrutin a également révélé que les maîtres de conférences étaient moins enthousiastes envers la LRU que les professeurs. Conséquence : dans certaines universités, les présidents ont eu du mal à trouver des majorités. Personnels administratifs et étudiants ont joué le rôle d'arbitre.

Une fois le CA élu, la désignation des personnalités extérieures a provoqué de nouvelles situations de blocage. La loi prévoit que le conseil d'administration, qui comprend au maximum 30 membres au lieu de 60 auparavant, doit être plus ouvert sur l'extérieur. A côté des représentants des maîtres de conférences, des enseignants chercheurs, des étudiants, et des personnels administratifs élus, le CA doit compter 7 ou 8 personnalités "qualifiées", dont deux ou trois représentants des collectivités territoriales et au moins un chef d'entreprise ou un cadre dirigeant.

"DIFFICULTÉS TRANSITOIRES"

La liste de ces personnalités est établie par le président mais doit être approuvée par le conseil d'administration restreint aux membres élus. Or, un président ne peut être confirmé dans son poste qu'après avoir obtenu cet accord sur les personnalités extérieures. Les plus réticents à la réforme se sont saisis de cette disposition pour bloquer l'élection des présidents et préserver le poids qu'ils avaient acquis dans les différents conseils. L'arrivée de personnalités extérieures choisies par le président modifierait, selon eux, l'équilibre des forces apparu lors des élections.

Selon Mme Béjean, "ce système produit une coalition entre des listes et des personnes qui ne partagent pas les mêmes visions de l'université mais qui se retrouvent dans une opposition qui n'est pas constructive". Secrétaire général du Snesup (Syndicat national de l'enseignement supérieur), hostile à la loi, Jean Fabbri admet que "les blocages des personnalités extérieures ne se font pas sur le choix des personnes mais parce que c'est souvent le seul moyen de préserver la légitimité des élections".

Pour Benoist Apparu, député UMP de la Marne et rapporteur de la loi à l'Assemblée nationale, "ces difficultés sont limitées et transitoires". "Il a fallu adapter le système existant à la nouvelle loi. D'où, cette première année, des situations un peu bancales, en raison de ce système transitoire de confirmation des présidents. Quand la réforme prendra son rythme de croisière, tout devrait être plus simple", estime le parlementaire.

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06 mai 2008

Contribution au débat

contribution

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